Une semaine, jour pour jour, depuis le crash de l’avion AH5017 affrété par Air Algérie auprès de la compagnie espagnole Swiftair qui devait assurer la liaison entre Ouagadougou (Burkina-Faso) et Alger, le contrôleur de police Abdelkader Kara Bouhadba, directeur de la Police judiciaire, a annoncé hier au cours d’une conférence de presse animée au siège de la direction générale de la police judiciaire (DPJ) à Ben Aknoun, que l’enquête menée par la DGSN en coordination avec les services des 15 pays concernés pour l’identification des victimes de ce tragique accident risque de prendre du temps, des mois voire même des années, à cause de l’absence de corps entiers et les aléas climatiques qui prévalent dans la région du crash (chaleur, fortes pluies) qui accélèrent la décomposition des fragments de corps et compliquent davantage le travail des enquêteurs.
«Nous devons nous armer de patience et de sérénité en cette période de peine et veiller au respect de la dignité des victimes et de leurs familles auxquelles nous devons apporter soutien et compassion.
L’enquête pour déterminer les circonstances du drame est en cours cependant la priorité est accordée à l’identification des victimes» a déclaré M. Bouhedba.
Dans ce cadre, le directeur de la police judiciaire a rappelé qu’une cellule de crise dont la DGSN fait partie a été installée au niveau de l’aéroport international Houari Boumediene pour gérer et coordonner les opérations de recherches qui ont suivi la disparition de l’appareil des écrans radar alors qu’il survolait l’espace aérien malien.
Une fois le crash de l’avion confirmé, une équipe de la police judiciaire composée de 13 spécialistes en ADN, empreintes digitales et gestion des grandes catastrophes a été dépêchée sur place le 25 juillet dernier pour aider à l’identification des victimes parmi lesquels figurent six (6) ressortissants algériens.
«Dès son arrivée sur le site, l’équipe a été frappée par l’ampleur de la catastrophe et le degré de désintégration de l’appareil.
L’absence de corps entier et l’état de décomposition dans lequel se trouvaient les fragments humains a poussé les enquêteurs à travailler à un rythme soutenu à raison de 10h par jour afin de collecter le maximum de prélèvements.
Les considérations humanitaires doivent prévaloir dans ce genre de catastrophe qui implique une coordination entre les Etats concernés afin de permettre aux familles des victimes de faire leur deuil» a indiqué M. Bouhedba.
Par ailleurs, le sous-directeur de la police scientifique et technique, le commissaire divisionnaire Ferragh Ali, a souligné «qu’outre l’analyse de l’ADN, les experts médicaux légales peuvent recourir a d’autres méthodes pour l’identification des victimes à l’image de l’analyse des radiographies des empreintes dentaires qui est le point fort des enquêteurs espagnoles».
Concernant l’évaluation de la durée du processus d’identification, les experts de la DGSN ont affirmé que celui-ci a été réduit de moitié grâce à la coordination internationale.
Toutefois les familles algériennes qui ont fait preuve de beaucoup de dignité et de compréhension devront encore patienter pour pouvoir enterrer leurs proches.