Le groupe pétrolier russe Rosneft a annoncé avoir entamé lundi des travaux d'exploration avec le norvégien Statoil dans la partie norvégienne de la mer de Barents, zone prometteuse de l'Arctique qui peine à remplir ses promesses. Les deux groupes "ont commencé les opérations d'exploration de la licence Pingvin PL713", où la profondeur de la mer est de 422 mètres, a précisé Rosneft dans un communiqué.
Les résultats des forages, qui atteindront une profondeur de 1.516 mètres, doivent être étudiés d'ici à la fin 2014, est-il ajouté. Ajouté en juillet à la liste des sociétés sanctionnées par les Etats-Unis en raison de la crise ukrainienne, Rosneft, assure depuis que ses partenariats avec les majors occidentales se poursuivent.
Il vient ainsi de lancer un projet avec l'américain ExxonMobil au nord de la Sibérie. Coupé des marchés américains, le groupe détenu à 69% par l'Etat russe a cependant demandé récemment l'aide des pouvoirs publics pour rembourser sa très lourde dette, qui dépasse 30 milliards d'euros. Concernant les recherches lancées lundi en Norvège, Rosneft détient une participation de 20% dans le projet, opéré par Statoil, qui est mené dans "l'une des zones les plus prometteuses et prolifiques de la mer de Barents", selon la compagnie russe.
Le pétrole perd plus d'un dollar sur le marché européen
Les prix du pétrole perdaient plus d'un dollar lundi en cours d'échanges européens, effaçant les gains enregistrés Vendredisuite à des rumeurs sur la crise en Ukraine, alors que le marché reste attentif à l'évolution de la situation en Irak et en Libye. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre valait 102,28 dollars en milieu de journée, en baisse de 1,25 dollar par rapport à la clôture de vendredi.
A New York, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en septembre perdait 1,01 dollar, à 96,34 dollars. Les cours du brut avaient fortement bondi vendredi, après que les autorités ukrainiennes ont prétendu avoir "détruit" une colonne de blindés russe. "Au cours du weekend, cela s'est avéré faux, et le Brent a perdu presque tous ces gains et évolue maintenant de nouveau bien en dessous de 103 dollars", remarquaient les analystes de Commerzbank. En début d'échanges européens, le Brent a même glissé jusqu'à 102,10 dollars le baril, proche de son plus bas en treize mois atteint jeudi dernier (101,92 dollars).
Les prix du brut étaient également pénalisés par des "nouvelles encourageantes" en provenance du nord de l'Irak, ajoutait-on chez Commerzbank. Enfin, le marché pétrolier était sous pression de l'augmentation de l'offre libyenne, qui parvient à se redresser malgré une importante crise politique et de nombreuses violences dans le pays. "La Libye est peut-être plongée dans le chaos, mais elle a réussi à augmenter sa production d'une moyenne de 200.000 à 450.000 barils par jour. L'ouverture récente du (terminal pétrolier de) Ras Lanouf est un important signal de progrès et on nous dit que al-Sedra devrait rouvrir rapidement", rapportaient les analystes du courtier PVM. L'offre libyenne viendra s'ajouter à une offre déjà surabondante en Europe, ce qui rend "improbable" une reprise imminente du Brent, selon les experts de Commerzbank.