Les taux d'emprunt en zone euro se stabilisaient mardi matin sur le marché obligataire, après être tombés à leur plus bas historique la veille sur des espoirs de nouvelles mesures de soutien de la Banque centrale européenne (BCE).
Le président de la BCE Mario Draghi s'est dit "prêt à ajuster davantage la position de (sa) politique", mettant en avant des chiffres d'inflation préoccupants, lors d'une rencontre vendredi de banquiers centraux aux Etats-Unis. La vive réaction au discours de Mario Draghi peut conduire à "des prises de profit logiques", soulignent les économistes chez Crédit Agricole CIB. Le fait que les taux se soient si fortement détendus lundi signifient que les prix des obligations se sont envolés, ce qui peut permettre aux investisseurs de prendre des bénéfices.
Peu après l'ouverture, le taux d'emprunt à 10 ans de l'Allemagne était à 0,943% contre 0,948% la veille à la clôture sur le marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise. Il est même tombé à 0,925% lundi. De même, le taux de la France était à 1,304% contre 1,310% et un record à 1,285%.
Les dettes des pays du sud marquaient également une pause. Le taux de l'Espagne était à 2,256% (contre 2,260% la veille et un record à 2,214%), celui de l'Italie à 2,468% (contre 2,479% et un record à 2,440%) et du Portugal à 3,025% (contre 3,037% et un record à 2,986%). Les stratégistes obligataires chez BNP Paribas rappellent que des prises de profit ont eu lieu après chaque fort mouvement de détente ces derniers mois, la question étant de savoir "quel facteur peut être utilisé comme prétexte".
"L'amplitude de toute correction va rester très limitée", selon eux, ne serait-ce que parce les chiffres d'inflation sont attendus en Allemagne jeudi et dans l'ensemble de la zone euro vendredi. Or, s'il se confirme que la hausse des prix reste très faible, cela ne fera qu'entretenir les spéculations autour d'une nouvelle action de la BCE, qui tient sa réunion de politique monétaire jeudi 4 septembre.