L'Iran a commencé à modifier le coeur du réacteur à eau lourde d'Arak pour limiter la production de plutonium, susceptible d'être utilisé pour la fabrication d'armes atomique, a déclaré mercredi Ali Akbar Salehi, le chef du programme nucléaire iranien.
"La modification du coeur du réacteur d'Arak est en train d'être faite par nos experts (...) pour faire baisser les inquiétudes de certains pays" occidentaux, a déclaré M. Salehi, cité par l'agence Isna.
"Les responsables du ministère des Affaires étrangères ont été informés des détails techniques de ces modifications", a-t-il ajouté.
Le réacteur à eau lourde d'Arak est l'un des points d'achoppement dans les négociations nucléaires avec les grandes puissances. Situé à 240 km au sud-ouest de Téhéran.Les responsables iraniens avaient assuré que le réacteur, actuellement en construction, serait modifié pour limiter à un kilo le plutonium produit par an au lieu de huit initialement prévu. Selon Téhéran, il faudrait environ dix kilos de plutonium pour fabriquer une bombe atomique.
Téhéran affirme que le réacteur de 40 mégawatts, dont la construction est surveillée par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), n'a qu'un but de recherche, notamment médicale.
L'Iran et les pays du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne), qui ont conclu en novembre dernier un accord intérimaire, mènent actuellement des négociations pour aboutir à un accord définitif afin de régler la crise du nucléaire iranien.Dans le cadre de l'accord intérimaire entré en application le 20 janvier, l'Iran a accepté de limiter ses activités pour la construction du réacteur d'Arak.
Le ministre iranien des AE entame en tournée à l'étranger
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, se rend en Turquie jeudi avant une mini-tournée qui le mènera en Russie et en Europe, selon les médias iraniens.
En Turquie, M. Zarif doit participer à la cérémonie d'investiture du président élu Recep Tayyip Erdogan.
Il se rend le lendemain à Moscou, pour rencontrer son homologue Sergueï Lavrov et d'autres responsables russes, et notamment évoquer le dossier nucléaire iranien.
Moscou est l'un des membres du groupe 5+1 (avec la Chine, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne) qui négocie avec l'Iran un accord global sur le programme nucléaire de Téhéran. Cet accord doit permettre de garantir la nature exclusivement pacifique de ce programme en échange de la levée des sanctions internationales qui frappent le pays.
Après la Russie, le chef de la diplomatie iranienne se rendra en Italie, au Luxembourg et en Belgique, où il s'entretiendra avec son homologue européenne Catherine Ashton le 1er septembre à Bruxelles.
Cette rencontre vise à préparer la suite des négociations nucléaires entre l'Iran et les puissances du groupe 5+1. Celles-ci doivent avoir lieu en marge de l'Assemblée générale des Nations unies qui s'ouvre le 16 septembre.Les deux parties souhaitent parvenir à un accord global avant la date butoir du 24 novembre.