Les autorités turques ont convoqué hier le chargé d'affaires américain à Ankara à la suite d'informations rapportées par la presse faisant état d'activités d'espionnage menées par les Etats-Unis sur leur territoire, a indiqué hier le porte-parole du gouvernement turc.
"Le nouvel ambassadeur américain n'est pas encore là mais son chargé d'affaires a été convoqué au ministère des Affaires étrangères pour explication", a annoncé le vice-Premier ministre Bülent Arinç à l'issue du Conseil des ministres.
Dans son édition parue dimanche, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel a révélé que les services de renseignement américains et britanniques se livraient à une intense surveillance électronique du gouvernement turc, pourtant leur allié au sein de l'Otan.
Selon le Spiegel, qui affirme avoir eu accès à des documents rendus publics par le lanceur d'alerte Edward Snowden, l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) espionne depuis 2006 les ordinateurs des plus hauts responsables turcs, afin de connaître les intentions de son dirigeant Recep Tayyip Erdogan.
La NSA "a placé la Turquie au même niveau que le Venezuela, et même à un niveau plus élevé que Cuba, en terme de priorité américaine en matière de recherche d'informations", écrit l'hebdomadaire allemand. "Nous allons évoquer cette question, qui préoccupe la Turquie, lorsque nous nous retrouverons avec les autres dirigeants" à l'occasion du sommet de l'Otan à Newport (Pays de Galles) prévu jeudi et vendredi, a indiqué hier M. Erdogan.
Il y a deux semaines, le Spiegel avait publié un premier article affirmant que les services secrets allemands, eux aussi, surveillaient la Turquie. Le gouvernement turc avait alors convoqué l'ambassadeur d'Allemagne en Turquie pour lui exprimer sa "préoccupation".