La préfecture de Fukushima et les deux municipalités sur lesquelles se trouve la centrale atomique accidentée Fukushima Daiichi ont indiqué être sur le point d'accepter la construction de deux sites de stockage temporaire de détritus radioactifs issus de la décontamination de la région.
L'Etat nippon cherche depuis des mois à convaincre les élus locaux et la population qu'il faut absolument construire ces lieux d'entreposage dans des localités contaminées près du complexe atomique et qu'il y a urgence. Toutefois, les intéressés s'étaient montrés très réticents, craignant que le temporaire ne devienne permanent et que leurs villes ne soient définitivement rendues inhabitables.
Finalement, les municipalités de Futaba et Okuma sont prêtes à accepter sous conditions. La centrale Fukushima Daiichi se trouve à cheval sur ces deux localités.
"Les sites de stockage temporaire sont des installations cruciales pour la décontamination et la reconstruction de la région", a plaidé Yuhei Sato, le gouverneur de Fukushima, lors d'une réunion samedi avec les maires des deux villes concernées ainsi que ceux de six municipalités voisines. "C'est une décision douloureuse, mais je voudrais l'approuver", a-t-il ajouté. Les édiles présents ont indiqué être prêts à aller dans le même sens.
Le gouvernement prévoit d'acheter les terrains requis et serait amené pour cela à négocier avec quelque 2.000 propriétaires, selon les chiffres des médias locaux.Pour garantir qu'il ne s'agira pas de sites permanents, une loi doit préciser que dans les 30 ans à venir, les détritus (terre, feuillages, herbes, etc.) seront pris en charge hors de la préfecture.
Les maires concernés et le gouverneur de Fukushima devaient rencontrer hier le ministre de l'Environnement, Nobuteru Ishihara, ainsi que celui de la Reconstruction, Takumi Nemoto, avant le Premier ministre, Shinzo Abe, pour leur faire part de leur décision.
L'entreposage des détritus radioactifs issus de la décontamination des localités polluées par la catastrophe atomique de mars 2011 constitue un gros problème depuis des mois. Pour le moment, d'énormes sacs sont empilés dans des champs en différents endroits de la zone contaminée et évacuée, soit 20 kilomètres à la ronde, ainsi que quelques autres villes plus éloignées.