Le spectacle "Es’Soubi", adapté de l’œuvre du dramaturge turc Aziz Neçin "Voulez-vous venir un instant" est entré jeudi à Alger en compétition du 9e Festival national du théâtre professionnel (Fntp) dans une invitation à prendre le recul nécessaire pour méditer le sens à donner à son existence et saisir la valeur de l’art.
Mis en scène par Belkacem Ammar Mohamed, le spectacle, d’une durée de 85 mn oppose une vision idéaliste de la vie, animée par le souci permanent d’être utile dans le respect des valeurs de l’humanisme universel et l’amour d’autrui, et une conception matérialiste primaire, basée sur le sentiment de cupidité dans une course effrénée derrière la vie.
"Mati", personnage campé par Triaï Adlane, dirige une petite fabrique familiale d’Es’Soubi, instrument abstrait représentant une flûte qui émet des sonorités rappelant la mort dans le but de permettre à celles et ceux qui l’entendraient de se remettre en cause et faire le bilan de leurs existences et saisir l’importance et la place de l’art dans la vie de tout individu.
"Zani", épouse de "Mati", campé par Yasmina Feriak, est une femme qui ne pense qu’à s’enrichir, se voyant tout le temps contrainte d’affronter le purisme intangible de son époux qui freine ses ardeurs représentant un sérieux obstacle à ses desseins.
Dans une confrontation directe entre le monde des idées et celui des choses, le metteur en scène a tenté de livrer un message utile au public nombreux du Théâtre national Mahieddine Bachtarzi, qui "s’est quelque peu perdu vu la longue durée de la prestation", de l’avis des spectateurs.
Des chorégraphies ont renforcé la sémantique de la trame créant des variations et des couleurs dans l’esthétique du spectacle, avec une musique mélancolique non enregistrée, émise de vive voix par les comédiens.
Dans une interprétation entretenant des conflits d’ordre intellectuels, ponctués par des échanges intenses et vifs, les comédiens, au fait de leurs rôles respectifs, se sont surpassés se donnant la réplique dans un rythme élevé et soutenu.
La scénographie, marquée par l’ambiance feutrée d’un éclairage assombri et un décor figé aux atmosphères ternes, a contribué à densifier le contenu de la trame et renforcer l’aspect visuel du spectacle produit par le Théâtre régional d’Oum El Bouaghi.
Dix-sept spectacles en compétition au Théâtre national Mahieddine Bachtarzi (Tna) et neuf autres en "off" à la salle El Mouggar, sont au programme du 9e Fntp qui se poursuit à Alger jusqu’au 8 septembre prochain.