Au moins 32 personnes ont été tuées mercredi dans différents accrochages entre rebelles chiites d'Ansaruallah et partisans du parti sunnite Al-Islah dans la banlieue nord de Sanaa, au Yémen, portant à au moins 43 morts le bilan des victimes en deux jours, selon des sources militaires, médicales et tribales.
Une source de sécurité a fait état de 32 morts mercredi à Chamlane. «Le croissant rouge yéménite a retiré 20 cadavres des décombres d'un bâtiment et 12 autres dans les rues» de Chamlane, a indiqué cette source, citée par l'AFP.
Ce bilan, confirmé par des sources militaires et tribales, porte à 43 le nombre de morts depuis le début des accrochages qui s'étaient produits après l'installation lundi par les rebelles d'un nouveau campement, à proximité d'une caserne de la 3e brigade d'infanterie de l'armée.
Les rebelles Houthis, dont les chefs réclament l'éviction du gouvernement qu'ils accusent de corruption, campent depuis un mois dans et autour de la capitale. Ils occupent les principaux axes routiers reliant Sanaa au reste des régions du pays.
Dans une banlieue du sud de Sanaa, deux militaires ont été tués et six autres blessés mercredi dans une attaque par des rebelles houthis contre un point de contrôle de l'armée à Heziaz, selon une source de sécurité.
D'autres incidents meurtriers étaient signalés dans la même région, alors que l'émissaire de l'ONU pour le Yémen Jamal Benomar s'est entretenu avec le chef de la rébellion chiite Abdel Malek al-Houthi dans son fief de Saada (nord).
L'émissaire de l'ONU était arrivé par avion à Saada avec l'espoir de «relancer les négociations qui piétinent» entre la rébellion chiite et le pouvoir à Sanaa.
Un représentant de la présidence de la République et le chef du renseignement yéménite participaient à l'entretien Benomar/al-Houthi, qui se poursuivait en milieu de soirée, a indiqué un responsable d'Ansaruallah, le mouvement des rebelles chiites, cité par la même source.
L'armée, qui a renforcé ses positions autour de Chamlane pour prévenir une avancée rebelle vers le centre de la capitale, situé à quelque sept kilomètres, a établi un nouveau point de contrôle non loin du lieu des affrontements, selon des sources tribales et des habitants.