Malgré le tourbillon d'annonces de rachats soufflant des entreprises allemandes, la Bourse de Francfort a pâti cette semaine d'indicateurs en berne et attend que la Banque centrale européenne (BCE) détaille ses remèdes anticrise.
Les investisseurs ont apprécié la soif des groupes allemands pour la croissance externe, après des années de restructurations, sur fond de financement avantageux et d'attrait retrouvé du marché américain.
Après le rachat la semaine dernière de l'équipementier TRW par son rival allemand Friedrichshafen, SAP, Siemens et Merck KGaA ont à leur tour fait leurs emplettes aux Etats-Unis, mettant des milliards d'euros sur la table. Merck KGaA qui a fini la semaine en tête des valeurs vedettes (+5,32%), l'indice Dax a lâché 3,15%, finissant à 9.490,55 points vendredi.
Loin de démentir une rentrée morose, les signaux décevants se sont accumulés sur le front macroéconomique, de l'indice Ifo du climat des affaires au baromètre GfK de confiance des consommateurs allemands. "La reprise est en danger!", se sont émus les économistes de BayernLB, soulignant que les inquiétudes venaient "avant tout" des secteurs exportateurs, malgré la baisse de l'euro face au dollar.
Les nouvelles de l'étranger n'ont guère arrangé le tableau, qu'elles viennent de la zone euro (PMI composite au plus bas depuis décembre 2013) ou des Etats-Unis, en attendant le rapport mensuel sur l'emploi américain vendredi prochain.
Dans un contexte également assombri par la géopolitique, entre menaces de coupure du gaz russe et frappes américaines sur l'Irak, les opérateurs pourraient rester sur leurs gardes jusqu'à la réunion mensuelle de la BCE, jeudi.
L'institut monétaire devrait laisser inchangé son principal taux directeur, après l'avoir abaissé à 0,05% en septembre, mais va lever le voile sur ses nouvelles injections de liquidités dans le circuit financier.
L'efficacité de ces mesures destinées à stimuler le crédit divise les économistes autant qu'elle chiffonne le gouvernement allemand et la Bundesbank, peu friands de ces interventions non conventionnelles sur les marchés.
Pour les observateurs, se pose déjà la question des mesures suivantes si l'économie reste en panne. "A terme", estime la Commerzbank, la BCE pourrait racheter des obligations souveraines à grande échelle, peut-être au premier semestre 2015".