Des experts de la santé et de l'économie ont plaidé, mercredi à Alger, pour la création d'une unité nationale chargée de l'élaboration des comptes nationaux de la santé.
«Une commission nationale responsable de l'élaboration des comptes nationaux de la santé (CNS) doit être mise en place pour déterminer l'ensemble des besoins et des financements sanitaires», a indiqué le Dr Nacer Grim, directeur du projet algérien d'appui au secteur de la santé (PASS) lors d'une réunion consacrée à ce thème.
Le volet des finances publiques du PASS s'intéresse à une méthodologie de détermination des besoins nationaux en matière de santé, a précisé le Dr Grim, soulignant que les CNS «permettront de se faire une idée plus claire sur les dépenses sanitaires».
Pour ce même spécialiste, «il est impératif d'institutionnaliser les CNS pour maîtriser les coûts de la santé et orienter les actions en fonction des dépenses des citoyens et du budget alloué aux établissements de la santé publique».
L'objectif de la création des CNS réside également dans «l'utilité de la rationalisation et de la pertinence de la dépense, à travers la mise en place d'outils modernes de gestion sanitaire», a-t-il ajouté.
De son côté, Miloud Kaddar, consultant international en économie de santé, a insisté sur l'intérêt de la récolte régulière de données et d'informations sanitaires pour avoir une «approche globale» des demandes en matière de soins. Il a proposé de recenser les données sanitaires par l'intervention d'acteurs multidisciplinaires dans les secteurs de la santé, des finances et du travail.
Par la même occasion, Wahid Chabane, expert en finances publiques, a mis l'accent sur l'importance de la «volonté politique» pour l'institutionnalisation et l'établissement des comptes de santé, estimant que l'utilisation des CNS permettra de «mieux connaître les tendances dépensières et d'ajuster les financements en fonction du profil sanitaire algérien».
L'intervenant a appelé le personnel de la santé du secteur public et privé à participer à la création des comptes de santé pour pouvoir disposer de statistiques fiables sur la dépense des citoyens en terme de prévention, de soins, de traitements, d'équipements et de suivi médical.
Le représentant du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, le Pr Mustapha Graba, a, quant à lui, mis en avant l'importance des CNS qui permettront, a-t-il dit, de faire un état des lieux sur la médecine gratuite en Algérie et l'élaboration d'une stratégie nationale sanitaire. Les financements sanitaires impliquent les secteurs de la santé, de la sécurité sociale et des finances et concernent tous types de soins.