L'inquiétude grandit aux Etats Unis jeudi, après le diagnostic du premier cas d'Ebola au Texas, premier hors du continent africain qui connait la plus grave épidémie depuis l'identification du virus en 1976, avec 3.338 morts sur les 7.178 cas enregistrés dans cinq pays africains (Sierra Leone, Guinée, Liberia, Nigeria, Sénégal), selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le patient est un Libérien qui séjourne aux Etats-Unis, a annoncé à Monrovia un expert des Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), le Dr Tom Kenyon.
"Il est dans un état grave mais stationnaire", selon l'hôpital Texas Health Presbyterian Hospital, à Dallas où il est soigné.
De nombreuses questions se posaient aux Etats-Unis, car le patient a été renvoyé chez lui une première fois après s'être rendu aux urgences du "Texas Health Presbyterian Hospital" à Dallas le 26 septembre. Il y est retourné en ambulance le 28 pour être mis en quarantaine.
A la recherche des personnes susceptibles d'avoir été contaminées Les autorités texanes recherchent jeudi toutes les personnes - dont des enfants - qui auraient pu entrer en contact avec lui.
Selon les CDC, toutes les personnes qui risquent d'avoir été infectées font l'objet d'une étroite surveillance médicale. Parmi eux, "des enfants en âge scolaire ont été en contact avec le patient", selon le gouverneur du Texas Rick Perry.
La période d'incubation d'Ebola va de 2 à 21 jours et une personne ayant contracté le virus devient contagieuse quand les symptômes se déclarent (maux de tête, fièvre ou vomissements). Le virus ne se transmet pas par voie aérienne, comme la grippe par exemple, et ne peut être transmis qu'au contact direct de fluides contaminés, comme le sang ou la salive.
Aucun traitement contre Ebola n'a été validé par les autorités médicales, même si des traitements expérimentaux ont été tentés, dont certains apparemment avec succès.
Mais il faudra au minimum plusieurs mois avant qu'un traitement soit validé et produit à grande échelle.
20 000 personnes en dangers,selon l'OMS
L'OMS a averti cette semaine que l'épidémie était en croissance "explosive" et pourrait contaminer 20.000 personnes d'ici novembre.
De son côté, le directeur de la Banque mondiale Jim Yong Kim, lui-même un infectiologue, a affirmé que le combat contre Ebola était également celui contre "l'inégalité" Nord-Sud en termes d'accès aux soins, estimant que la communauté internationale n'agissait pas "assez vite" contre l'épidémie.
Selon M. Kim, les "infrastructures et le savoir-faire" nécessaires pour traiter les malades et contenir Ebola existent dans les pays à haut et moyen revenu, indiquant qu'"au cours des dernières années, nous avons échoué à les rendre accessibles dans des populations disposant de bas revenus en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone", les foyers de l'épidémie actuelle.
"Du coup, des milliers de personnes dans ces pays meurent à présent du fait de la loterie de l'existence, parce qu'ils sont nés dans le mauvais endroit", a-t-il ajouté.
"C'est douloureux de nous voir reproduire des erreurs déjà commises lors de précédentes épidémies", a poursuivi M. Kim, en référence au VIH.
Mobilisation internationale
La Banque mondiale (BM) a déjà annoncé la mobilisation de 400 millions de dollars pour freiner l'épidémie.
La Banque africaine de développement (BAD) a aussi annoncé mercredi avoir accordé une aide de 155 millions de dollars au Liberia, à la Guinée, à la Sierra Leone et à la Côte d'Ivoire (qui n'est pas touchée) pour lutter contre l'épidémie.
Nouvelle initiative internationale, une conférence pour mobiliser contre Ebola au Sierra Leone devait débuter jeudi à la mi-journée à Londres, à l'initiativen du Royaume Uni qui s'est déjà engagé a donné 120 millions de livres (150 millions d'euros).
La rencontre se déroulera cependant en l'absence du président sierra-léonais Ernest Bai Koroma, dont l'avion est resté cloué au sol à Freetown en raison de problèmes techniques.
Le Liberia déplore 1.998 morts sur 3.696 cas de fièvre hémorragique, selon le dernier bilan de l'OMS. Les deux autres pays d'Afrique de l'Ouest les plus touchés par l'épidémie sont la Guinée (710 morts sur 1.157 cas) et la Sierra Leone (622 morts sur 2.304 cas).