L'Arménie a rejoint vendredi l'Union économique eurasiatique, qui réunit déjà la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan, a annoncé le président bélarusse Alexandre Loukachenko à l'issue d'un sommet de l'organisation à Minsk.
Les pays membres de l'Union économique eurasiatique, un projet cher au président russe Vladimir Poutine qui cherche à restaurer l'influence de Moscou auprès des ex-républiques soviétiques mais qui devra compter sans l'Ukraine, ont tous trois signé un accord permettant à l'Arménie d'intégrer ses rangs.
Cette Union, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2015, doit favoriser une intégration plus étroite de ces pays. Le Bélarus, le Kazakhstan et la Russie sont déjà liés depuis 2010 au sein d'une union douanière.
La décision de l'Arménie de se rapprocher de la Russie avait suscité en novembre 2013 un vif débat et des manifestations dans cette ex-république soviétique caucasienne.
Car l'Arménie, au côté de la Géorgie et de la Moldavie, était sur le point de sceller en novembre un accord de libre-échange avec l'UE, qui aurait constitué un premier pas vers une intégration future au bloc européen.
Mais l'Arménie dépend beaucoup de la Russie pour ses approvisionnements en armement, qu'elle considère comme vitaux pour maintenir l'équilibre face à l'Azerbaïdjan voisin, riche de son pétrole, sur la question du Nagorny-Karabakh.
Moscou avait envoyé une série de messages sans équivoque à son allié alors qu'Erevan se rapprochait de Bruxelles, en augmentant le prix du gaz livré à la petite république caucasienne et en annonçant un énorme contrat de vente d'armes à Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan, traditionnel rival de l'Arménie.
Le sommet de l'Union économique eurasiatique, qui s'est tenu vendredi à Minsk pour la première depuis sa création fin mai, a eu lieu peu après une réunion des dirigeants des pays membre de la Communauté des Etats indépendants (CEI), à laquelle ne participait pas le président ukrainien Petro Porochenko alors que la crise continue d'opposer Kiev à Moscou.
Au cours de ce sommet, les membres de l'Union économique eurasiatique ont voté la fin des activités de la Communauté économique eurasienne (EvrAzEs), qui réunissait six des quinze ex-républiques soviétiques (Bélarus, Kazakhstan, Kirghizstan, Russie, Tadjikistan et Ouzbékistan).