Les dirigeants de l'opposition ukrainienne ont appelé à une nouvelle grande manifestation, dimanche, la huitième depuis le début de la contestation du refus du président Victor Ianoukovitch de signer un accord d'association avec l'Union européenne.
Un député du parti d'opposition Oudar, de Vitali Klitschko, a aussi annoncé vendredi soir qu'une grève générale se préparait. «Aujourd'hui nous avons commencé à préparer une grève nationale», a déclaré Sergueï Kapline à la télévision. Dans ce contexte, le président Ianoukovitch a décidé de ne pas se rendre au forum économique de Davos en Suisse qui s'ouvre mercredi, et sera représenté par son Premier ministre Mykola Azarov.
«Le président n'ira pas à Davos. Il restera en Ukraine», a déclaré samedi à l'AFP une source au sein de l'administration présidentielle. Le chef de l'Etat a aussi limogé vendredi soir le chef de l'administration présidentielle, Sergiy Liovotchkine. Ce dernier avait soumis sa démission après la dispersion violente d'une manifestation sur la place de l'Indépendance fin novembre, mais M. Ianoukovitch l'avait refusée.
La porte-parole du président, Darka Tchepak, pourrait aussi quitter son poste, a indiqué une source officielle. Samedi, les opposants pro-européens ukrainiens renforçaient leurs barricades à Kiev en prévision de la manifestation de dimanche, selon les médias.
M. Ianoukovitch, confronté depuis près de deux mois à un mouvement de contestation, a promulgué vendredi soir une série de nouvelles lois renforçant les sanctions à l'égard des manifestants, jugées répressives par l'opposition et largement condamnées par les Occidentaux. «Nous revenons au stalinisme. Quand ces lois seront mises en œuvre, la situation en Ukraine sera pire qu'en Russie ou au Bélarus», «Mais ces lois ne nous font pas peur, elles n'ont fait que mobiliser encore plus les gens.
Les protestations vont se poursuivre», a déclaré à l'AFP un des manifestants, Leonid Tertitchnyi, originaire de la région de Tcherkassk (centre de l'Ukraine). La contestation du gouvernement ukrainien est née du refus fin novembre de M. Ianoukovitch de signer un accord d'association avec l'Union européenne au profit d'un rapprochement avec Moscou.