L'Afrique de l'Est a appelé samedi les belligérants au Soudan du Sud à mettre fin immédiatement à la guerre civile qui déchire le pays, brandissant la menace de sanctions et même d'une intervention régionale.
L'Igad, l'organisation régionale est-africaine qui sert de médiateur, a lancé cet avertissement samedi aux premières heures, après un nouvel échec des discussions à Addis Abeba entre le président Salva Kiir et son rival, l'ancien vice-président Riek Machar.
Selon l'Igad, les deux camps se sont engagés à "une cessation sans condition, complète et immédiate de toutes les hostilités" après deux jours de négociations en Ethiopie.Les pays de la région ont aussi donné aux belligérants 15 jours pour finaliser un accord intérimaire de partage du pouvoir.
Les deux camps rivaux ont signé plusieurs cessez-le-feu depuis le début de l'année, tous rapidement enterrés. Mais l'Igad a assuré qu'une nouvelle violation de leurs engagements par les belligérants aurait de sévères conséquences.
"Toute violation de la cessation des hostilités par une partie appellera (...) une action collective de la part des pays de la région", a prévenu l'organisation, évoquant des gels d'avoirs, des interdictions de voyager et un embargo sur les armes comme de possibles sanctions.
La région pourra aussi "prendre les mesures nécessaires pour intervenir directement au Soudan du Sud pour protéger des vies et restaurer la paix", a averti l'Igad, sans plus de précision.
A l'ONU aussi, le Conseil de sécurité a brandi cette semaine la menace de sanctions, mais la série d'avertissements et de pressions internationales des derniers mois n'a eu aucun effet jusqu'à présent.
Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et deux millions de déplacés et réfugiés depuis son début en décembre 2013, et conduit le pays au bord de la famine.