Les dirigeants des pays du G20 se retrouvent samedi et dimanche en Australie pour examiner les moyens de dynamiser la croissance mondiale atone, sur fond de tensions géopolitiques et d'"intérêts divergents", selon les analystes.
La présidence australienne de l'organisation veut concentrer l'agenda sur les problèmes économiques, alors que le sommet pourrait être assombri par les conflits en Ukraine et en Syrie, le développement de l'organisation Etat islamique et l'impact dévastateur du virus Ebola, selon les experts.
"C'est un sommet économique, il sera donc concentré sur ce qui peut être fait pour créer des emplois, identifier les fraudes à l'impôt et améliorer l'économie mondiale", a déclaré le Premier ministre australien, Tony Abbott, à quelques jours du sommet auquel participeront notamment les présidents américain et russe, Barack Obama et Vladimir Poutine.
L'Australie a placé au centre de sa présidence du G20 l'engagement des membres du forum à prendre des mesures qui doivent permettre d'augmenter la valeur du Produit intérieur brut (PIB) du G20 de 2% supplémentaires d'ici à 2019, ce qui signifie accroître le PIB mondial de plus de 2.000 milliards de dollars.
Mais de nombreux experts ne sont pas convaincus que ce résultat pourra être atteint compte tenu de la croissance décevante en Europe et au Japon, et du ralentissement observé dans les économies émergentes telle la Chine.
Dans un éditorial publié mardi par le magazine Australian Financial Review, M. Abbott souligne que les chefs d'Etat et de gouvernement des pays du G20 doivent prouver l'utilité de ce forum en parvenant à des résultats concrets.
L'un des problèmes du G20, observe l'analyste Nicholas Reece, c'est qu'il réunit des pays qui se situent à différents stades économiques: "il y a trop d'intérêts divergents, ce qui rend très difficile la conclusion d'accords sur de véritables réformes".
"La croissance ne pourra être stimulée que si des réformes sont mises en place", souligne M. Reece, observant que les "résultats pratiques" obtenus par les pays du G20 ne correspondent quasiment jamais aux intentions affichées.
A Brisbane, le G20 va également examiner des réformes du système financier mondial, afin de lutter notamment contre l'optimisation fiscale. Cette pratique est revenue sur le devant de la scène après les révélations la semaine dernière sur le système d'évasion fiscale massif mis en place au Luxembourg au profit des multinationales.