Le Premier ministre, Abdelamalek Sellal, a souligné vendredi à Malabo l’importance du partenariat gagnant-gagnant pour le développement de l’Afrique, d’où l’intérêt accordé par le continent à la tenue du premier Sommet Afrique-Turquie pour le lancement, en 2008, d’un partenariat entre les deux parties.
S’exprimant devant les chefs d’Etat et de gouvernement réunis dans le cadre du deuxième Sommet Afrique-Turquie, M. Sellal a rappelé que l’Afrique s’est attelée à la promotion et à la mise en place de nouvelles formes de coopération ainsi que des partenariats dynamiques basés sur le respect mutuel, l’équilibre des intérêts, l’avantage réciproque et la complémentarité».
Le Premier ministre a, dans ce contexte, exprimé sa satisfaction quant à la tenue du deuxième Sommet Afrique-Turquie qui permet de continuer à aller de l’avant» et affirmé que les efforts qui ont été menés de part et d’autre ont débouché sur des avancées appréciables», citant notamment l’évolution des échanges commerciaux et la progression des investissements, de l’aide publique au développement et de la coopération technique.
Les chefs d’Etat et de gouvernement réunis hier à Malabo (Guinée Equatoriale) en Sommet afro-turc ont accordé un intérêt particulier aux aspects liés à la paix, la sécurité et le règlement des conflits.
Le plan de mise en œuvre et de suivi conjoint du partenariat Afrique-Turquie souligne que la paix et la sécurité sont des «conditions indispensables» pour le développement et la coopération.
Partant de cette conviction l’Afrique et la Turquie ont décidé, selon un document soumis aux chefs d’Etat et de gouvernement, de partager les informations, les expériences et la recherche en vue d’un renforcement des capacités en matière de paix et de sécurité.
Ainsi, indique-t-on, un soutien logistique et financier sera apporté aux opérations d’appui à la paix de l’Union africaine (UA), aux efforts de maintien de la paix de l’ONU en Afrique, ainsi qu’à la mise en œuvre de l’Architecture africaine de paix et de sécurité, notamment grâce à des programmes de formation et d’échange.
Il est également question de renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme, le crime transnational organisé, le trafic des drogues, le trafic des migrants, la traite des êtres humains, la blanchiment d’argent, la contrefaçon et la fraude.
La lutte contre la cybercriminalité figure, en outre, dans le plan de suivi et de mise en £uvre de la coopération entre les deux parties, et ce, souligne-t-on, grâce à une collaboration entre le Centre africain d’étude et de recherche sur le terrorisme (Caert), le Centre d’excellence turc de lutte contre le terrorisme (Coedat), le Centre international de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale (Utsam) et l’Ecole internationale turque contre les drogues et la criminalité organisée (Tadoc).
«L’échange des expériences dans le domaines de la sécurité maritime, la conclusion d’accords cadre de coopération des sciences militaires et l’industrie de la défense, ainsi que l’échange des expériences dans le domaine de la défense civile, en plus de la mise en place de mécanismes conjoint de lutte contre le terrorisme et le financement de la criminalité transnationale», figurent également dans le dispositif prévu par l’Afrique et la Turquie.
Pour ce qui est du «règlement des conflits et médiation», dictés par l’importance de la diplomatie préventive et de la recherche de solutions pacifiques eux conflits, les deux parties ont convenu d’échanger leurs points de vues sur les questions liés à la prévention et au règlement des conflits, à la médiation et à la facilitation. L’Afrique et la Turquie exploreront, dans le même dossier, «les domaines potentiels de coopération et de consultation.»
Par ailleurs, conscientes du fait que la coopération dans le domaine de la migration est «essentielle» pour une paix et une sécurité durables, l’Afrique et la Turquie ont convenu de coopérer pour lutter contre la migration irrégulière et de soutenir la migration régulière (voyages légaux, tourisme, échanges commerciaux).
«Coopérer dans le domaine de l’immigration et du développement par la mise en place de mesures préventives dans les pays d’origine et le pays de destination, et créer des projets conjoints», conclut-on.
Les travaux du sommet Afrique-Turquie se dérouleront avec la participation de l’Algérie aux côtés des leaders de pays dirigeants des Communautés économiques régionales, de la Turquie, de l’Union africaine (UA) et des partenaires au développement.
L’Algérie, membre fondateur du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), est représentée par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, accompagné du ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel.
La Turquie participe à cet événement avec une délégation composée de plus de 200 hommes d’affaires, du ministre des Affaires étrangères, Mevlut Cavucuglu, et de hauts fonctionnaires, sous la conduite du président Recepp Tayipp Erdogane.
Le sommet dont l’objectif principal et d’instaurer «un nouveau modèle de partenariat pour le renforcement du développement durable et de l'intégration de l'Afrique», sera mis à profit pour réadapter le cadre du partenariat Afrique û Turquie engagées dans un processus de coopération «stable et durable.»