Les résultats de la lutte contre le virus Ebola sont inégaux en Afrique de l'Ouest qui demeure en état d'alerte, a déclaré vendredi l'ONU dans un communiqué.
"Le taux de transmission continue d'augmenter en de nombreux endroits", a indiqué le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, lors d'une conférence de presse à Washington, où il se trouvait pour une réunion du Conseil exécutif du système des Nations Unies sur la manière de coordonner les efforts de lutte contre le virus Ebola.
M. Ban a tout de même reconnu qu'il y avait eu quelques progrès dans la lutte contre l'épidémie et qu'il y a de l'espoir : "si nous continuons d'accélérer notre réponse, nous pouvons contenir et mettre un terme à l'épidémie d'ici le milieu de l'année prochaine".
S'agissant du Mali, il a indiqué que la Directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr. Margaret Chan, et le Directeur exécutif de l'ONUSIDA, Dr. Michel Sidibé, devaient partir vendredi après-midi pour le Mali pour voir comment le système des Nations Unies peut aider ce pays à éliminer la flambée épidémique.
"J'ai aussi ordonné au chef de la Mission des nations Unies pour l'action d'urgence contre Ebola (MINUAUCE), Anthony Banbury, d'établir de toute urgence une mission de soutien au Mali", a-t-il ajouté.
A New York, le Coordonnateur spécial du Secrétaire général sur Ebola, Dr. David Nabarro, et Anthony Banbury, via téléconférence, ont fait le point sur l'épidémie devant les membres du Conseil de sécurité vendredi après-midi.
Dans une déclaration adoptée par ses 15 membres, le Conseil de sécurité s'est dit préoccupé par les infections signalées récemment au Mali. De son côté, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a déclaré avoir intensifié ses efforts pour aider les pays de l'Afrique de l'Ouest à se préparer à l'apparition de cas d'Ebola.
Il faut fixer un objectif "zéro cas"
Le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim a appelé vendredi à fixer un objectif de "zéro cas" d'Ebola, seul moyen de mettre un terme à l'épidémie qui montre "d'inquiétants" signes de progression au Mali.
"Notre objectif est extraordinairement difficile: il faut arriver à zéro cas", a estimé M. Kim dans un communiqué publié à l'issue d'une rencontre avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Margaret Chan.
"Ebola n'est pas le genre de maladies où vous pouvez laisser quelques cas et vous dire que vous en avez fait assez", a-t-il ajouté. Tout en reconnaissant des "progrès" dans la lutte contre l'épidémie, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a estimé que l'apparition de cas au Mali était une source "de profonde inquiétude".
"Nous devons vraiment agir très rapidement et amplement (au Mali) pour ne pas avoir à le regretter ensuite", a déclaré à ses côtés, la patronne de l'OMS Margaret Chan.Le nombre des morts dus à l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'élève à 5.459, sur un total de 15.351 personnes infectées par le virus, selon le dernier bilan de l'OMS.
Une "longue bataille" doit encore être menée
Le chef de la Mission des Nations unies pour la lutte contre Ebola (UNMEER) Anthony Banbury a averti vendredi que la victoire contre la maladie était encore "très, très éloignée", tout en demandant une aide supplémentaire en faveur des pays africains affectés.
"Une longue bataille nous attend", a déclaré Anthony Banbury lors d'une réunion du Conseil de sécurité.La lutte contre l'épidémie, qui a tué près de 5.500 personnes, "va demander un accroissement sensible des ressources sur le terrain", a-t-il souligné lors de son intervention retransmise par vidéoconférence.
"Nous sommes encore très, très loin de la fin de cette crise", a jugé M.Banbury, précisant que l'UNMEER allait commencer à travailler au Mali où plusieurs personnes ont succombé à la maladie.
L'épidémie qui s'est déclarée il y a presque un an dans le sud de la Guinée a fait au moins 5.420 morts, sur 15.145 cas recensés, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) arrêté au 16 novembre. L'immense majorité des cas ont été recensés en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.