L'Algérie a consenti beaucoup d'efforts pour soutenir les secteurs hors hydrocarbures, mais les résultats restent en deçà des attentes d'où la nécessité d'aller vers une réindustrialisation basée sur le développement de territoires spécialisés, a souligné mercredi à Alger, une professeur de sciences économiques à l'Université d'Annaba.
«L'Algérie a déployé de gros efforts en termes d'investissements réalisés dans le cadre des trois plans quinquennaux précédents notamment dans les infrastructures et le soutien aux secteurs hors hydrocarbures, cependant les résultats restent en deçà des attentes», a estimé Nadia Chettab, lors d'une conférence sur le thème «l'économie algérienne: une réindustrialisation qui appelle un nouveau regard des pouvoirs publics».
Elle a relevé qu'il ne suffisait pas de «distribuer des financements pour améliorer le climat des affaires mais (il faut) mener des études scientifiques pour identifier les potentialités et les atouts de chaque territoire».
«Aujourd'hui, le territoire est un support sur lequel l'Etat doit intervenir pour aider les entreprises à être plus compétitives. Il s'agit de construire des avantages comparatifs spécifiques à chaque territoire», a-t-elle jugé, au cours de cette rencontre organisée par l'Institut national d'études de stratégie globale (Inesg).
Cette économiste plaide en faveur de politiques de développement différentes d'une région à une autre en prenant en considération les avantages et les atouts de chacune, mettant en avant la nécessité de l'ancrage territorial et de la spécialisation dans les activités économiques en coordination avec tous les acteurs.
Mme Chettab a cité à titre d'exemple la Corée du Sud qui accorde une priorité au développement de 14 secteurs d'industries naissantes ainsi que les Etats-Unis qui misent notamment sur les secteurs de la défense et de l'aéronautique.
Revenant sur le cas algérien, elle a fait remarquer que les wilayas qui connaissent une concentration d'un grand nombre de PME sont Alger, Oran, Tipaza et Boumerdes, alors qu'un nombre plus faible de ce type d'entreprises sont basées à Tindouf, à Bordj Bou Arreridj et à Guelma.
Dans les régions de Blida, de Boumerdes, d'Oran, de Tipaza, de Tizi-Ouzou, de Constantine, de Sétif, d'Annaba et d'Alger, les activités économiques et industrielles sont diversifiées mais sans spécialisation, a-t-elle déploré.
Elle préconise, pour augmenter la contribution de l'industrie dans le produit intérieur brut (PIB) actuellement moins de 5%, d'adosser les décisions politiques au travail de recherches scientifiques pour parvenir à des résultats économiques «fructueux».