La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a appelé mercredi à une reprise des pourparlers directs entre Israéliens et Palestiniens, affirmant que l'UE devait jouer «un rôle politique» accru.
«Le sentiment d'urgence devient de plus en plus élevé», a indiqué Mme Mogherini devant le Parlement européen, qui débattait des initiatives prises par plusieurs parlements d'Etats membres pour une reconnaissance de l'Etat palestinien.
Le processus de paix, qui avait repris sous médiation américaine en juillet 2013, est bloqué depuis avril. En l'absence de perspectives après l'agression meurtrière israélienne sur Ghaza cet été et la tension régnant à ElQods, la Suède a reconnu l'Etat palestinien fin octobre.
Il avait été prévu que le Parlement européen se prononce jeudi sur une résolution appuyant les initiatives prises depuis par les parlements britannique et espagnol, et alors que l'Assemblée nationale française doit débattre d'une résolution vendredi avant un vote le mardi 2 décembre.
Mais en l'absence d'accord sur le texte, et à la demande du Parti populaire européen (droite), le vote des eurodéputés a été repoussé à la session du mois de décembre.
«Il faut un dialogue direct» entre Israéliens et Palestiniens, a insisté Mme Mogherini, estimant que «pour la première fois, il y a une vraie chance» que «certains pays clés» s'impliquent.
Les ministres des Affaires étrangères des pays de la Ligue arabe doivent se réunir samedi en session extraordinaire avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, au Caire.
Mme Mogherini a cité l'Egypte, «qui a des moyens de pression sur Ghaza en contrôlant le terminal de Rafah», la Jordanie qui gère les lieux saints de l'Esplanade des Mosquées, mais aussi l'Arabie Saoudite, qui avait proposé une initiative pour la paix en 2002.
«On a probablement raté là une occasion», a ajouté Mme Mogherini, qui veut que l'UE joue pour sa part «un rôle politique» accru. Sans se prononcer sur la reconnaissance d'un Etat palestinien, qui est une compétence de chacun des Etats membres, le chef de la diplomatie européenne a rappelé le «slogan», «la position historique» de l'UE:
«la création d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967, avec des échanges de territoires si accord, et ElQods comme capitale des deux Etats (...) mais aussi le droit d'Israël à exister en sécurité et en paix avec la région».