Les deux rivaux yéménites, la milice chiite d'Ansaruallah et le parti Al-Islah, se sont rencontrés jeudi pour tenter d'apaiser les tensions dans le pays, ont annoncé les deux parties.
La rencontre a eu lieu dans la soirée de jeudi à Saada (nord) entre le chef d'Ansaruallah, Abdelmalek al-Houthi et une délégation d'Al-Islah pour tenter de «tourner la page du passé et de rétablir la confiance» entre les deux rivaux, a annoncé la milice chiite dans un communiqué publié sur internet.
Les deux parties «ont exprimé la volonté de coopérer et de coexister conformément aux préceptes de l'islam préconisant la fraternité, l'amour et la paix», a-t-on précisé dans le communiqué également diffusé par Al-Islah sur son site internet.
Faisant état de «dangers qui menacent le Yémen», les deux rivaux ont «convenu de poursuivre les contacts pour mettre fin à la tension et contenir les retombées des derniers événements», selon le texte.
Un responsable d'Al-Islah, cité par l'AFP, a affirmé samedi que son parti et Ansaruallah «négociaient un projet d'accord» qui, selon une source proche des négociateurs, devrait «désamorcer le risque d'un conflit confessionnel» au Yémen. Cette rencontre est la première entre Ansaruallah et Al-Islah.
Les miliciens d'Ansaruallah se sont emparés de nombreuses localités de l'ouest et du centre du Yémen depuis qu'ils ont pris le contrôle de Sanaa, le 21 septembre, mais il n'étaient pas entrés à Taëz, ville située à 250 km au sud-ouest de la capitale, en vertu d'un accord avec les autorités locales.
Dans leur progression, les milices chiites se sont heurtées à la résistance de tribus sunnites et des éléments du réseau terroriste d'Al-Qaïda, fortement implantés surtout dans le sud du Yémen.