L'ONU a répondu mardi aux critiques du président sud-soudanais Salva Kiir en défendant son impartialité et en soulignant que de tels propos risquaient de mettre en danger sa mission sur place (Minuss) et les milliers de civils qu'elle protège.
Les commentaires hostiles à la Minuss, qu'ils viennent du pouvoir ou de la rébellion, "risquent de faire monter la tension et d'inciter à la violence contre les civils qui se réfugient dans les bases de l'ONU et contre le personnel de l'ONU", a déclaré le porte-parole adjoint de l'ONU Farhan Haq. "Il est essentiel que le gouvernement sud-soudanais et toutes les personnalités publiques s'efforcent dans leurs déclarations de faire baisser la tension".
Farhan Haq a affirmé que la Minuss "accomplissait son mandat avec impartialité" en accueillant dans ses huit bases au Soudan du Sud près de 70.000 civils "venus de toutes les communautés".
Il a aussi réaffirmé que "toutes les parties ont commis de graves violations des droits de l'homme".Salva Kiir avait accusé lundi l'ONU de vouloir monter "un gouvernement parallèle". Cette attaque en règle est intervenue alors que l'ONU a dénoncé de multiples atrocités perpétrées par les deux camps depuis le début des affrontements le 15 décembre.
L'ONU s'était aussi plaint d'une tentative d'incursion "d'importants membres du gouvernement et de l'armée sud-soudanais" dans une de ses bases abritant des civils à Bor (Etat de Jonglei, est) dimanche dernier. L'armée a dit vouloir vérifier si des rebelles ne s'étaient pas fondus dans la masse des réfugiés présents.
Le conflit qui ravage le plus jeune pays de la planète a déjà fait plusieurs milliers de morts et près d'un demi-million de déplacés. Il oppose l'armée gouvernementale à des partisans de l'ancien vice-président Riek Machar.
L'Igad approuve l'envoi de troupes au Soudan du Sud
L'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), qui regroupe sept pays d'Afrique de l'Est, a approuvé l'envoi de troupes au Soudan du Sud où un conflit fait rage depuis la mi-décembre, a annoncé mercredi la chef de la diplomatie kényane, Amina Mohammed.
«L'Igad a déjà adopté une résolution autorisant l'envoi de 5.500 soldats au Soudan du Sud. Certains pays ont déjà accepté d'envoyer des troupes, d'autres y réfléchissent», a déclaré Mme Mohammed.
Le Kenya a été approché et si la résolution (...) est mise en oeuvre, alors nous enverrons des troupes», a-t-elle ajouté. Le Soudan du Sud est ravagé depuis le 15 décembre par des combats alimentés par une rivalité entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, limogé en juillet.
Des milliers de personnes sont mortes, un demi-million de civils ont dû fuir les violences, et l'ONU a fait état de nombreuses atrocités, dont des crimes de guerre, imputables aux deux camps. Deux projets d'accord ont été remis aux belligérants mardi, afin de tenter de mettre un terme aux violences.
L'Igad, bloc de sept pays est-africains, assure la médiation dans les pourparlers en cours entre les belligérants à Addis Abeba, siège de l'Union africaine (UA), pour tenter d'obtenir, jusqu'ici sans succès, un cessez-le-feu.