Les ministres des Affaires étrangères des pays voisins de la Libye tiendront, jeudi dans la capitale soudanaise Khartoum, une réunion sur les moyens visant à trouver une solution politique à la crise qui secoue depuis plus de trois ans ce pays du Sahel.
L'Algérie, qui joue un rôle important dans le cadre des efforts visant le règlement pacifique de la crise libyenne, sera représentée à cette réunion, par le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel.
C'est l'Algérie qui a pris l'initiative d'appeler à la création, dans le courant de l'année, du groupe des Etats voisins de la Libye pour trouver une solution à la crise politique dans ce pays frère à travers le dialogue entre les belligérants et loin de toute ingérence étrangère.
Au cours de la réunion de Khartoum, la cinquième du genre, les ministres "procéderont à une évaluation des efforts en cours visant à réunir les conditions d'un dialogue entre les parties libyennes, à l'exclusion des groupes terroristes reconnus en tant que tels, afin de promouvoir une solution politique qui préserve l'intégrité, l'unité territoriale et la stabilité du pays.
Khartoum avait proposé fin octobre de réunir les principaux acteurs de la crise en Libye. Le gouvernement libyen dirigé par Abdallah al-Theni a= accepté ce plan.
Soutenir l'armée libyenne
La réunion de Khartoum se tiendra dans un contexte marqué par de vives tension en Libye, livrée à l'anarchie depuis la chute en octobre 2011 du régime de Maamar El-Gueddafi.Le ministre libyen des Affaires étrangères Mohamed al-Dairi a exprimé récemment le souhait de son pays de voir la rencontre de Khartoum déboucher sur "un accord sur un cadre politique qui favorise un règlement politique à la crise libyenne".
Le chef de la diplomatie libyenne a aussi fait part du souhait de son pays de voir la réunion de jeudi aboutir à "une entente entre les pays participants sur des bases précises à même d'éviter les désaccords qui ne servent ni l'intérêt national de la Libye ni la question libyenne".
Face au chaos qui règne dans le pays et l'incapacité des autorités de transition de former une armée et d'asseoir leur autorité sur un nombre de milices qui font la loi dans le pays, le ministre libyen a appelé la communauté internationale à "appuyer" les capacités de l'armée libyenne dans leur lutte contre le terrorisme, soulignant que les éléments de l'organisation autoproclamée Etat islamique (EI,Daech) étaient "présents sur le sol libyen".
Instabilité politique et sécuritaire
La crise en Libye s'aggrave de plus en plus: Depuis septembre, le pays est dirigé par deux gouvernements et deux parlements qui se disputent le pouvoir à distance, une situation qui préoccupe la communauté internationale qui avait reconnu le Parlement désormais invalidé et le gouvernement d'Abdallah al-Theni qui siège à Tobrouk faute de sécurité dans la capitale.
Pour rappel, le gouvernement parallèle établi à Tripoli est dirigé par Omar al-Hassi. Cette confusion profite aux groupes armés et milices qui continuent d'agir en dehors de toute légalité. Benghazi, deuxième ville du pays et point de départ du soulèvement de février 2011, est en proie à une violence quotidienne qui oppose, depuis mai, d'un côté les partisans du général à la retraite Khalifa Haftar et des milices armées dont Ansar al-Charia.
Le général Haftar qui a déclaré que son objectif était de "rétablir la légitimité" de l'Etat libyen et "éradiquer le terrorisme", est soutenu par le gouvernement de transition libyen et par plusieurs unités de l'armée. Plus de 450 personnes ont été tuées à Benghazi depuis le début le lancement le 15 octobre de l'offensive des forces loyales à Haftar contre les milices armées.
Les violences continuent aussi à frapper d'autres villes libyennes: dans l'ouest du pays, sept personnes, dont cinq travailleurs étrangers, ont été tuées et 25 autres blessées mardi dans des raids aériens sur la ville de Zouara, selon les autorités locales.
Zouara ainsi que d'autres villes de l'ouest libyen soutiennent Fajr Libya, une coalition hétéroclite de milices qui s'est emparée l'été dernier de la capitale libyenne Tripoli après en avoir chassé les milices rivales de Zentan.