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Bordj Bou Arreridj - Premier Salon national d'Art photographique : ''Une photo de la rue''

Publié par Mouad B. le 12-12-2014, 16h36 | 113
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Si la célébration du «quotidien » a toujours inspiré de nombreux créateurs et notamment les photographes, la Maison de la culture de Bordj Bou Arreridj tente, à son tour et à travers la tenue de la première édition du Salon National d'Art Photographique, de s'impliquer dans cette thématique et ce, en l'interrogeant dans ses dimensions esthétiques, techniques, déontologiques...etc.

« Cette exposition qui regroupe des artistes de 27 wilayas du pays est consacrée au quotidien sera bel et bien une occasion pour le public de prendre conscience des modes et des formes d'expressions des photographes et de leurs engagements dans les changements, les progrès et les contradictions que notre monde actuel connaît », nous dira M. Guemihi Touhami, directeur de la maison de la culture de Bordj Bou Arreridj et initiateur de cette événement à l'occasion du 11 décembre.

Ainsi les organisateurs se donnent comme objectif, durant ces quatre jours, de montrer l'implication des photographes - à travers leurs propres visions et en fonction de leurs sensibilités - dans la représentation de l'essence du quotidien.

Quoi de mieux, afin de présenter cette exposition, que de laisser la parole aux artistes photographes « La première édition du Salon National d'Art Photographique (...) constitue, pour les exposants algériens, une occasion de partager le fruit de leurs recherches, d'exposer leurs idées, de tester l'effet produit par leurs créations.

Par ailleurs, elle constitue un voyage entrepris dans la mémoire de la pratique photographique afin de l'interroger sur les diverses expériences qu'elle a subies, les parcours qu'elle a effectué ainsi que sur son avenir.

C'est aussi une occasion de renouveler les rapports avec l'homme. Le vie quotidienne n'est-elle pas la manière par excellence de fêter la société et l'homme? », dira M. Abdelhak Bouarissa, artiste de la wilaya de Bordj Bou Arreridj.

« Dans cette perspective, comment l'œil du photographe est-il capable de percevoir et d'engendrer des visions renouvelées ou alternatives du monde et de la vie de tous les jours, avec son train-train, sa dynamique, ses dérives, son poids et ses routines ? », nous dira l'artiste Yacine Arafa de la wilaya de Bechar.

« La première impression que produisent en nous les photographies de cette édition c'est qu'elles reflètent des approches, des points de vue, des goûts, des styles et des horizons de créativité subjectifs.

Or, un examen minutieux de ces œuvres nous fait découvrir qu'il s'agit de produits signés sur le mode à la fois du singulier et du pluriel, dans la mesure où les interrogations qu'elles suscitent partagent en commun le souci de mettre en valeur l'Homme dans toute sa splendeur », explique l'artiste venu de la wilaya d'Illizi Moubarek Handhala.

Les exposants, malgré la diversité de leurs approches artistiques et esthétiques, les concepts visuels qu'ils mettent en œuvre et, de façon générale, le langage photographique qu'ils parlent, tissent par le biais de leur appareil photographique le même horizon: celui de l'intérêt porté aux détails du visage et à la variation de ses expressions selon l'état psychologique vécu et de ses postures, et, parfois, la manière dont il est inséré dans ses espaces intimes ou bien dans sa relation aux éléments qui meublent son environnement.

A la faveur de cette première  édition, les images issues du travail des artistes algériens attestent à des degrés différents de la qualité et de la pluralité des représentations relatives à la thématique du quotidien et de son essence.

Il reste que ce qui distingue le plus cette édition, c'est la prise de conscience du photographe algérien, à des degrés divers, de la nécessité de renoncer à l'illusion de la représentation, de la ressemblance, du similaire et des thèmes de l'identité et des contraintes du mimétisme.

La préoccupation essentielle du photographe, dans cette édition, est l'association d'éléments visuels appartenant à des références diverses, la constitution des objets en thèmes de questionnement, l'interrogation du regard et la distance prise par rapport aux traditions de réception établies par les photographes épieurs lourdes de misère et de paresse visuelle. Serait-ce le début de la naissance d'une prise de conscience, de l'élaboration d'une vision et d'une sensibilité nouvelles? Seules les futures expositions pourraient le révéler.

« Notre objectif essentiel est d'apporter notre contribution à l'approfondissement de la conscience visuelle, particulièrement dans le domaine de la photographie, et la sensibilisation à sa valeur, aux questionnements qu'elle suscite, au cumul qu'elle a réalisé, à sa participation au renouvellement des visions, des goûts et des sensibilités et à son influence sur leurs interactions », dira Sabiha Ait Oukassi artiste de la wilaya de Bejaia.

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