D’abord tout simplement exorbitants, les prix de ces statues et autres bustes, surtout lorsqu’ils sont confectionnés, sur commande « expresse », à l’étranger.
A croire que l’or ou le diamant sont des éléments intégrés dans le (ou les) matériau(x) (ciment blanc ou « alliage » de ciment blanc et de fibre de verre) ayant servi à la réalisation de ces oeuvres d’art… Quatre exemples à Bejaia pour un aperçu plus précis…
Les coûts de réalisation de ces œuvres d’art (en général) destinées à honorer « ad vitam aeternam et, surtout ,matériellement », la mémoire d’une personne ou d’un groupe de personnes entrées dans l’histoire dans un domaine ou dans un autre et ayant quitté ce monde donnent souvent le tournis et suscitent bien des questions sur la « légitimité », voire l’honnêteté de l’évaluation financière d’une statue ou d’un buste, au regard, du moins, des composants matériels et immatériels ( effort(s) de conception, matériaux utilisés, « main d’œuvre »…) de ces derniers.
Quatre exemples d’œuvres de ce type commandées et réceptionnées par des personnes morales à Bejaia donnent un aperçu plus précis sur les coûts dont il est question ici. D’abord, le buste en bronze du défunt dramaturge Malek Bouguermouh, conçu et sculpté par l’artiste Olivier Graïne, un Allemand d’origine algérienne (Ath yenni-Bejaia) (Qui n’écarte pas non plus la probable confection du buste de Cheikh Sadek Lebdjaoui) :
il a été dévoilé et présenté au public, « planté » à l’entrée du deuxième hall du TRBejaia lundi 26 mars 2012. Base- épaules plus tête de 40cm de longueur, soudé à un piédestal en marbre blanc, un parallélépipède rectangle de 01,20m…Prix : 500.000 DA. Celui (buste) du défunt et regretté Saïd Mekbel est financé par l’APW de Bejaia qui a débloqué il y a plus de deux années 10 millions de DA pour sa réalisation (la placette de la liberté de la presse Saïd Mekbel incluse).
La stèle, enfin, à ériger, selon les vœux de nombreux militants du FFS, « à la mémoire des Martyrs de 1963 » dans l’Akfadou, quant à elle, a été évaluée à 160 millions de centimes. Le buste sculpté « dans du simple ciment blanc » (pas du bronze, en tout cas, selon le Professeur Djamil Aïssani à DKNEWS), d’Ibn Khaldoun, trônant à quelques mètres de l’entrée de la Casbah, aura coûté 01 million de DA, une subvention également de l’APW versée ensuite à l’APC qui s’était chargée de passer commande à l’artiste plasticien Khodhir Bourihane (Bejaoui) pour sa confection.
Le buste érigé sur la place Lumumba (Face à la banque d’Algérie) de ce président portugais (1862-1941) en exil à Bejaia dans les années 1940 est, il faut le reconnaître, une merveille mais on ne sait pas combien il a coûté.En tout état de cause, il se trouve nombre de citoyens qui s’interrogent et commentent : « N’y-t-il pas exagération et indélicatesse dans la fixation du prix d’un buste, les acquéreurs, souvent des profanes en la matière, n’osant jamais marchander ni négocier ledit prix, l’argent étant disponible et, de surcroît, des deniers publics ?! (APC/APW) ».
Pour revenir aux bustes, il est à noter que celui de Saïd Mekbel (pour lequel, donc, 10 millions de DA ont été mobilisés (?!) a été conçu et réalisé par l’artiste Chabbi Mokrane ( un Algérien et en Algérie) mais en fin de comptes les 10 millions de DA auront servi à la réalisation de toute la placette baptisée placette de la liberté de la presse SaÏd Mekbel, buste inclus.
Des questions ont quand même fusé : « Sur la base de quelles données objectives a été déterminé le montant (10 millions de DA) alloué par l’APW de Bejaia pour la réalisation de cette placette et son buste? Y’a-t-il eu des consultations techniques, concertation entre élus sur la base d’informations relatives aux coûts de ce type d’œuvres d’art ? Y’a-t-il eu lancement préalable d’avis d’appels d’offres ?.. Qui préside à l’octroi du « marché » ? ».
De l’avis, en tout cas, de bon nombre de citoyens (parmi lesquels des initiés doublés d’artistes plasticiens), « …en plus d’un certain flou qui brouille toute visibilité du déroulement de la « procédure » (du déblocage du montant alloué à la réception de l’ouvrage en passant par le contact avec le concepteur…), il y a comme une certaine précipitation… ».
Des citoyens ajoutent souvent ce commentaire certes terre à terre mais ô combien pertinent et à la fois désopilant : « Un buste en bronze d’une quarantaine de centimètres à peine, à partir de la base des épaules, sur douze, autres, peut-être-la largeur de la tête- soutenu par un support en marbre ou en vulgaire béton peint en blanc (laque ou chaux), et qui vaut (s’il ne le dépasse pas !) le prix d’un véhicule de tourisme (belle petite cylindrée) flambant neuf, c’est franchement de l’arnaque, sans nullement vouloir diminuer la valeur de l’œuvre ni celle de l’artiste ! ».
« D’autant », renchérissent certains artistes de Bejaia et d’Alger «que depuis quelques années, l’outil informatique (notamment l’infographie avec la 3D, le numérique et autres techniques de pointe…) ainsi que de nouvelles de sculpture font que le « génie » d’antan du sculpteur est de moins en moins sollicité, mis à contribution, il s’agit de plus en plus de sculpture para-industrielle… ».
La question lancinante, en tout cas, avant que les clameurs se fussent tues après le dévoilement du buste du défunt journaliste, était, d’abord, de savoir ce qu’aura coûté ledit buste, sachant que de toute évidence le « prix » du buste n’excédera pas les 100 millions de centimes.
A noter que des quatre statues géantes réalisées au camp inférieur dans les années 1980, seule celle du Moudjahid a survécu, (les trois autres ayant été remplacées par des jets-d’eau… )(Centre de santé, face au square Pasteur, de la plaine). « Tâche de devenir Sculpteur, mon fils, mais jamais chirurgien, ou ingénieur ou architecte etc ! », a dit une connaissance à son fils…