Le groupe de services pétroliers franco-américain Schlumberger va supprimer 9.000 emplois, soit 7,5% de ses effectifs, dans le monde pour répondre à la chute des prix du pétrole.
Ce plan social va se traduire par une charge de 296 millions de dollars dans ses comptes, selon un communiqué de l'entreprise publié jeudi. "Schlumberger a pris cette décision principalement pour répondre au déclin des prix des matières premières", justifie-t-il tout en ajoutant que ces licenciements lui permettront de s'adapter à la baisse de l'activité attendue cette année.
Le prix du baril de pétrole s'est échangé jeudi à 46,25 dollars à New York. Il a perdu plus de 50% depuis juin. Cet effondrement des prix de l'or noir contraint les groupes pétroliers à restreindre leurs programmes d'exploration avec un impact direct sur l'activité de leurs sous-traitants comme Schlumberger.
Les majors pétrolières demandent notamment aux groupes de services pétroliers de baisser leurs tarifs, au risque d'entamer leur rentabilité. En décembre, le groupe américain Halliburton, concurrent de Schlumberger, avait aussi procédé à de premières suppressions d'emplois, soit environ un millier de personnes hors d'Amérique. Schlumberger employait jusqu'à présent 120.000 personnes à travers le globe.
Il n'a pas indiqué quelles régions seront le plus affectées par ce plan social. Dans le même temps, le groupe fondé par les frères Conrad et Michel Schlumberger en 1926, a annoncé qu'il allait gâter ses actionnaires en augmentant de 25% son dividende.
Schlumberger a enregistré un recul moins prononcé que redouté de son bénéfice net en 2014 (-19,2% à 5,43 milliards de dollars). Il se paie même le luxe de dégager un profit de 302 millions de dollars sur le quatrième trimestre, pourtant marqué par l'accélération de la chute des prix du pétrole. Même si ce bénéfice a été divisé par plus de cinq en un an, il est meilleur que ce qu'anticipaient en moyenne les marchés.
Son chiffre d'affaires annuel a crû de 7,3% sur un an à 48,58 milliards de dollars et de 6,1% à 12,64 milliards sur le quatrième trimestre.
Les cours du pétrole rebondissent en Asie
Les prix du pétrole rebondissaient légèrement hier en Asie en raison d'achats d'opportunité après la forte correction de la veille due à des déclarations inquiétantes de l'Opep dans une conjoncture déjà morose. Le prix du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en février prenait 31 cents, à 46,56 dollars tandis que le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars, dont c'était le premier jour de cotation à cette échéance, s'adjugeait 20 cents, à 48,47 dollars.
Le pétrole s'était redressé mercredi après que les prix eurent atteint leur plus bas niveau en six ans mais ce sursaut ne serait pas durable aux yeux de nombreux analystes qui mettent en avant l'offre surabondante d'or noir dans un marché pénalisé par une faible demande. Les cours ont de nouveau chuté jeudi dans le sillage de la hausse des réserves américaines qui signalent en général une faible consommation aux Etats-Unis, premier consommateur mondial.
"Ce mouvement de yo-yo des cours pétroliers peut être attribué à l'incertitude du marché", selon Shailaja Nair, analyste chez le fournisseur d'informations sur l'énergie Platts, citant "un dollar instable" et des "marchés d'actions volatiles".
L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), pressée sans succès de réduire sa production pour soutenir les prix, a ajouté à la déprime jeudi en prévenant dans son rapport mensuel que l'offre de brut risquerait de rester structurellement excédentaire en 2015, malgré un léger rebond de la demande.
"Cela signifie que la remontée de cours cette semaine ne devrait pas durer", relevait Shailaja Nair. L'évolution des prix a des effets bien réels sur l'industrie pétrolière, où les annulations de projets se multiplient.
Le groupe de services pétroliers franco-américain Schlumberger a annoncé qu'il allait supprimer 9.000 emplois, soit 7,5% de ses effectifs, et le géant BP 300 emplois en mer du Nord. En Norvège, l'autorité pétrolière a prévenu que les investissements pétroliers dans le pays devraient chuter de près de 22% entre 2014 et 2017, voire plus si le cours du baril se maintient à son niveau actuel. Au Moyen-Orient, l'Iran envisage de ramener le prix du baril de pétrole de 72 à 40 dollars dans le prochain budget pour faire face à la baisse des prix.