Les grandes banques américaines ont enregistré en 2014 des bénéfices nets cumulés de 64,46 milliards de dollars, en baisse de 8,6% par rapport à 2013, et ce malgré des bilans assainis et un meilleur environnement économique.
Bank of America (3,78 milliards de dollars), Citigroup (7,3), Goldman Sachs (8,5), JPMorgan Chase (21,8) et Wells Fargo (23,1) ont enregistré des bénéfices nets cumulés de 64,46 milliards de dollars l'an dernier, en baisse de 8,6% comparé à 2013. Morgan Stanley, qui avait gagné 3 milliards de dollars en 2013, n'a pas encore publié ses résultats.
A l'exception de la californienne Wells Fargo, banque de dépôts et de prêts classiques, le reste a gagné moins d'argent qu'espéré par les marchés, relèvent les analystes. Si on est loin des trimestres noirs du pic de la crise, 2014 constitue un coup d'arrêt indéniable, soulignent-ils.
Pour les analystes, les faiblesses proviennent des actions des régulateurs et des difficultés du courtage, source traditionnelle de gros profits, car les voyants sont au vert pour l'économie américaine: confiance des consommateurs au top, crédits à la consommation en hausse, chute des prix du pétrole, baisse du chômage, hausse des dépenses des consommateurs...
Les autorités américaines ont lancé l'an dernier une offensive contre les grandes banques. Le ministère de la Justice et le régulateur des services financiers de New York, Benjamin Lawsky, leur ont notamment imposé de lourdes amendes pour tourner la page des crédits immobiliers à risque "subprime".
La Réserve fédérale (Fed) demande aussi un supplément de fonds propres à chaque grande banque pour absorber des pertes en cas de nouvelle crise. En gros, plus elle est grande, plus la banque doit lever des fonds supplémentaires.
La mesure vise directement JPMorgan, Citigroup et Bank of America, banques universelles, dont le modèle économique est dénoncé par les opposants à la fameuse doctrine "Too big to fail" ("Trop grosses pour faire faillite").
"La stratégie des régulateurs est d'utiliser (l'argument du) supplément des fonds propres pour punir les grandes banques et obtenir qu'elles réduisent leur taille", indique un analyste de Capital Markets.
Il reste que la qualité du crédit s'est améliorée, remarquent les analystes.
Les réserves mises de côté par les grandes banques américaines pour compenser les impayés d'emprunteurs ont diminué, alors qu'on redoute des défauts de paiements des sociétés énergétiques dans la foulée de la chute des prix du pétrole.