Un nouveau parti politique a été créé à Ouagadougou par d'anciens fidèles de l'ex-président bukinabè Blaise Compaoré pour soutenir la candidature de son chef de la diplomatie, Djibrill Bassolé, à la présidentielle d'octobre 2015, a déclaré un responsable.
Baptisée Nouvelle alliance du Faso (Nafa), cette formation, dirigée par Rasmané Ouédraogo, un ancien député du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l'ex-parti au pouvoir, regroupe de nombreux cadres qui ont démissionné de ce parti. Des leaders de l'Alliance pour la démocratie et la fédération / Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA), principal allié de M. Compaoré, ont également rejoint la Nafa.
Bien que M. Bassolé ne s'est pas encore officiellement déclaré candidat pour ce scrutin prévu le 11 octobre prochain, en même temps que les législatives, «tous les Burkinabè s'attendaient à ce que Djibrill Bassolé soit le successeur de Blaise Compaoré à la fin de son mandat», a déclaré Adama Kiéma, président des jeunes de la Nafa, cité par l'AFP. Ce parti a été créé, explique-t-il, pour porter cet homme qui est un rassembleur à la tête de notre pays».
Djibrill Bassolé a été le dernier chef de la diplomatie de M. Compaoré. Il a été le négociateur principal dans les crises pour lesquelles M.Compaoré a été médiateur en Afrique de l'Ouest. Il s'est notamment impliqué dans les négociations de paix en Côte d'Ivoire, au Togo, au Niger et plus récemment au Mali. Cet homme a été également médiateur conjoint ONU-Union africaine au Darfour (Soudan) de 2008 à 2011. Actuellement représentant de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) pour la lutte contre le terrorisme au Sahel.
Quelque 3.000 jeunes s'étaient rassemblés mi-janvier pour lui demander d'être candidat. «En octobre, il (Blaise Compaoré) n'est pas candidat pour la présidentielle», a affirmé Léonce Koné, président du directoire du CDP. Mais le parti «sera présent à toutes les échéances», présidentielle, législatives et municipales, «avec l'intention de faire d'excellents scores», a-t-il souligné.
M. Koné a également réclamé le retour des cadres de cette formation contraints à l'exil et exigé le dégel des avoirs des dignitaires de l'ancien régime, une mesure qu'il a qualifiée de «totalement illégale».
Blaise Compaoré a été poussé à la démission le 31 octobre par une révolte populaire après 27 ans de règne. Le Burkina Faso est depuis lors dirigé par un duo formé du président Michel Kafando, un diplomate à la retraite, et d'un Premier ministre militaire, le lieutenant-colonel Isaac Zida.