Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a appelé, mardi, les parties au conflit en Ukraine au respect des accords de cessez-le-feu de Minsk pour une désescalade des hostilités qui ont fait 5.358 morts.
«Toute nouvelle escalade de la violence aurait des conséquences catastrophiques pour les 5,2 millions de personnes vivant en plein conflit dans l'est de l'Ukraine», a mis en garde le haut-commissaire aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.
Dans un communiqué, le responsable onusien a exhorté «les Etats et tous ceux bénéficiant d'une sphère d'influence dans la région à prendre des mesures pour assurer la pleine mise en £uvre des accords de Minsk», dont le respect a une incidence directe sur la situation des droits humains.
«Les arrêts de bus et les transports publics, les marchés, les écoles et les jardins d'enfants, les hôpitaux et les zones résidentielles sont devenus des champs de bataille dans les régions de Donetsk et de Louhansk, une violation flagrante du droit international humanitaire», s'est-il indigné.
Au moins 224 civils ont été tués et 545 blessés durant les trois semaines qui ont précédé le mois de février se sont soldées par au moins 224 civils morts, selon les Nations unies. Le Haut-commissaire a particulièrement insisté sur le nombre élevé de victimes civiles dues aux «bombardements aveugles» de zones résidentielles à la fois sur le territoire contrôlé par le gouvernement et dans les villes passées aux mains des groupes armés, notamment à Donetsk et Horlivka.
L'ONU a en outre fait part de son inquiétude concernant la situation en Crimée, «théâtre de multiples violations des droits des Tatars», la communauté d'origine turque de la presqu'île.«Plus de 20.000 personnes ont été déplacées de la Crimée vers le reste de l'Ukraine depuis la consultation référendaire de mars dernier, qui a suivi la prise de contrôle de la péninsule par des forces dites d'auto-défense, il y a presque un an», a souligné le haut-commissaire.
Les rebelles pro-russes avaient menacé, il y a quelques jours, d'élargir leur offensive à tout le territoire des régions de Donetsk et Lougansk, dont une grande partie est toujours contrôlée par les autorités de Kiev.
«Le conflit prend une ampleur sans précédent , a pour sa part reconnu lundi Iouri Loutsenko, un proche du président ukrainien, Petro Porochenko, qui a annoncé fin janvier une vague de mobilisation devant toucher environ 50.000 hommes.