Avec 45 000 nouveaux cas recensés chaque année, le cancer est devenu un véritable problème de santé publique en Algérie. Si le nombre de malades ne cesse d’augmenter, la prise en charge, elle, notamment en matière de radiothérapie, accuse toujours un retard et enregistre un sérieux déficit.
«Dans la wilaya d’Oran, les rendez-vous pour une séance de radiothérapie sont programmés jusqu’en… 2018 alors que dans un centre privé de Constantine, le patient qui se présente à nous commence son traitement dans la semaine qui suit», a déclaré en marge du forum, le Dr Bali Mohamed-Salah, physicien médical au centre de radiothérapie privé Athena de Constantine.
«Il est vrai que le traitement n’est pas gratuit (entre 30 et 50 millions de centimes la cure de deux mois) mais la prise en charge rapide que nous assurons est la même que celle proposée dans les grands établissements à l’étranger. Quant au personnel, il est composé de professionnels expérimentés qui ont déjà fait leurs preuves dans les différents établissements publics du pays. Nous pouvons prendre en charge, sans problème, jusqu’à 1 200 patients par an, avec une moyenne de 100 à 120 malades par jour» a-t-il ajouté.
Dans le nouveau plan anti-cancer soumis le 1er novembre 2013 par le Pr Zitouni au Président de la République et au Premier ministre, il est prévu de signer des partenariats entre les centres de radiothérapie privés et le ministère du Travail et la sécurité sociale pour diminuer la charge qui pèse sur les établissements publics à condition que le ministère supporte le coût des traitements.
«Nous avons bien formulé des demandes auprès du ministère mais jusqu’à présent aucune réponse claire n’a été donnée. La sécurité sociale affirme que c’est au ministère de la Santé d’assumer les coûts de cette opération et vice versa. Entre-temps, c’est les malades qui les payent au prix de leur vie»
«On ne peut ignorer indéfiniment le secteur privé qui fait partie intégrante du système de santé algérien. 70% des chirurgies oncologiques s’effectuent dans le secteur privé dans notre pays et dans les pays développés, plus de 50% des centres de radiothérapie font partie du secteur privé. Il est temps que l’Etat assume ses responsabilités envers les malades atteints de cancer», a conclu le Dr Bali.