La Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a déclaré mercredi «l'état de force majeure» dans 11 champs pétroliers du centre du pays, après la multiplication des attaques contre les sites de cette région qui rendent la production incertaine.
L'état de «force majeure», invoqué dans des circonstances exceptionnelles, permet une exonération de la responsabilité de la NOC en cas de non-respect des contrats de livraison de pétrole.
La NOC a évoqué dans un communiqué les attaques perpétrées ces derniers jours notamment contre les champs d'Al-Mabrouk et Al-Bahi.
Des gardes des installations pétrolières ont annoncé mardi que des islamistes radicaux s'étaient emparés de ces deux champs situés à quelque 200 km au sud de Syrte (environ 500 km à l'est de Tripoli).
La NOC a indiqué qu'elle était obligée de déclarer dans l'urgence «l'état de force majeure» sur 11 champs pétroliers: Al-Mabrouk, Al-Bahi, Al-Dahra, Al-Joufra, Tibesti, Al-Ghani, Al-Samah, Al-Baïda, Al-Waha, Al-Dafa, Al-Naqa et toutes les stations liées à ces champs.
Elle a menacé par ailleurs de «fermer tous les champs et ports pétroliers» du pays si la sécurité ne s'améliorait pas sur les sites. Les sites d'Al-Mabrouk et Al-Bahi sont à l'arrêt depuis plusieurs semaines, en raison des violences et du fonctionnement ralenti des terminaux d'exportation.
Le personnel des deux sites a été évacué après une première attaque début février qui avait fait au moins 11 morts. Cette attaque qui n'avait pas été revendiquée avait déjà été attribuée par les gardes à des islamistes radicaux.
Depuis plusieurs semaines, la Libye est le théâtre d'une série d'attaques revendiquées ou attribuées au groupe de l'oganisation autoproclamée Etat islamique (EI/Daech), qui contrôle des pans entiers de territoire en Syrie et en Irak.