Elles sont porteuses d'espérance, messagères des sciences. Elles n'ont jamais cherché la lumière crue et cruelle des médias, elles sont plutôt des combattantes silencieuses de la maladie, les soldates des soins médicaux ou psychiques, les témoins qui se révoltent contre les violences faites aux femmes, que celles-ci soient physiques, morales ou d'abandon: elles portent avec abnégation le fardeau des maux sociaux, malgré la carapace qu'elles se sont forgé, elles portent dans l'œil les stigmates de la peine, de la patience, de la compassion. De leur joie de vivre !
La cérémonie qui a permis de les revoir et de les entendre sur autre chose que leur sacerdoce - bien qu'on y revient au détour de chaque réflexion - a été organisée pour leur rendre hommage, tout simplement sans tapage, sans effusion intempestive ; d'abord parce qu'elles n'auraient pas apprécié et puis, parce que DK News célèbre le respect et l'amitié pour ceux et celles qui s'élèvent avec dignité et responsabilité.
Aussi, l'auditoire fut-il conquis par la qualité des interventions de mesdames les professeurs de médecine Arraba, chef de service pédiatrie à l'hôpital universitaire Nafissa-Hamoud d'Hussein-Dey et Zakia Achour du CHU de Bab El Oued : la modestie, l'humilité même, la pudeur ont marqué chacune de leurs interventions.
«En 60 ans, les professions médicales et paramédicales sont exercées par 80% de femmes. Ma grand-mère et ma mère étaient peu instruites, aujourd'hui, leur descendante est professeur de médecine, accueille les nouveaux-nés dans la vie, soutient les mamans et les pères dans la joie comme dans la souffrance quand un enfant naît malade ou meurt à la naissance, ce qui est l'exception fort heureusement» assure la professeure Arraba.
Elle plaide pour réaffirmer que l'égalité est bien réelle en Algérie dans les professions médicales. La professeure Zakia Achour est aussi claire : «L'intelligence plus le travail sont les deux bases du mouvement dans n'importe quel domaine. Aussi, n'y a-t-il pas de discrimination dans nos professions. Ceci dit, la violence faite aux femmes et aux enfants, à n'importe quel être vivant est à combattre avec détermination.»
Toutes deux estiment que la déontologie, la morale sont au cœur de la médecine. Ces deux personnalités ont également soutenu que leurs pairs de par le monde reconnaissent leur compétence et leurs qualités professionnelles «malgré quelques manques de moyens».
Le respect envers les autres quels que soient leur âge, leurs conditions, leur sexe est la marque de certaines professions, l'enseignement, la médecine, notamment. Le souhait est que tous les métiers se hissent à ce niveau élémentaire d'humanité.
Depuis sa parution, DK News a reçu d’éminentes personnalités de la société algérienne.
Des femmes ministres, parlementaires, responsables au niveau administratif de wilayas, enseignantes ou femmes au foyer, syndicalistes, responsables d'associations d'aide aux plus défavorisés, d'alphabétisation, militantes de partis, elles ont, durant les forums de DK News, apporté leur engagement, leur combattivité, leurs certitudes et leur gaîté. Malgré tout.
Tous ceux qui ont vulgarisé leurs idées, leurs actions, leurs arts et partagé leur savoir, leur sens aigu et parfois douloureux de la solidarité - quand celle-ci est insuffisante - ont seulement voulu faire connaître des dangers, des situations qui doivent servir à la prise de conscience, à la vigilance, la prévention et à la mobilisation.
Des professeurs de médecine sont disponibles en toute circonstance pour faire à la prise en charge des maladies rares, de la greffe d'organes, du Plan cancer et de l'institut du rein... Ils seraient prêts à revenir pour dire les avancées et les nouveaux caps à passer pour atteindre le niveau d'excellence auquel ont droit les Algériens.
Ce n'est certainement pas pour «passer à la télé» bien que ce média soit peu employé pour la vulgarisation médicale à leur grand regret. L'un des animateurs a tenu à dire «Merci» aux deux professeures, aux femmes présentes. Merci aux héroïnes d'aujourd'hui.
Cette cérémonie à l'occasion du 8 Mars restera un grand moment de communion entre deux professions qui ont des devoirs envers la société.