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Une année après l'annexion de la Crimée à la Russie : La tension persisite entre Russes et Occidentaux

Publié par DK News le 15-03-2015, 16h30 | 22
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La Russie va célébrer cette semaine le premier anniversaire de l'annexion de la Crimée à son territoire, alors que la tension demeure assez vive entre l'Occident et Moscou en raison du rattachement de la péninsule à l'ancien membre de l'ex-URSS.

Cette célébration annoncée par les médias russes intervient après une crise qui a débouché sur un conflit dans l'Est de l'Ukraine et sur un climat de confrontation entre Russes et Occidentaux sans précédent depuis la fin de l'ex-URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques) en 1991.

Le 16 mars 2014, les habitants de cette péninsule à majorité russophone ont voté à 97% leur rattachement à la Russie lors d'un référendum salué par les Russes et déclaré comme «illégal» par l'Occident.

Le 18 mars 2014, la Crimée redevenait officiellement russe après la signature par le président russe Vladimir Poutine d'un traité historique sur le rattachement de la Crimée, que Kiev considère comme une «annexion» et ne reconnaît pas.

«L'Ukraine ne cèdera jamais ses droits souverains sur la Crimée et défendra par tous les moyens les droits des gens qui habitent là-bas», a déclaré récemment le président ukrainien Petro Porochenko.

Bruit de bottes près des frontières russes

Sur fond de crise politique en Ukraine, une augmentation sans précédent de l'activité des forces armées de l'Otan et des Etats-Unis a été constatée près des frontières russes. Moscou perçoit ces démarches de l'Occident comme une tentative pour provoquer «une nouvelle guerre froide».

Les Etats-Unis ont accusé la Russie d'imposer le «règne de la terreur» en Crimée et dans l'Est de l'Ukraine, malgré l'annonce du président ukrainien Petro Porochenko d'un retrait de la majeure partie des armes lourdes par les deux camps le long de la ligne de front.

Le Pentagone (ministère de la Défense US) a ainsi annoncé que les Etats-Unis avaient commencé à déployer 3.000 soldats et des équipements pour trois mois dans les trois pays baltes (Lettonie, Estonie et Lituanie).Ce déploiement intervient après la sortie médiatique de l'architecte de l'indépendance lituanienne Vytautas Landsbergis qui avait prévenu que «la carte impériale jouée», selon lui, par le président russe Vladimir Poutine risque «de provoquer de nouvelles guerres en Europe».

Il convient de s'interesser également au discours musclé du ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond, qui a accusé le président russe de «saper» les règles qui ont permis d'établir la paix en Europe. La Russie a «le potentiel de créer la plus grande menace à notre sécurité», a-t-il dit.

Application peu stricte des accords de Minsk

Le retrait des armes lourdes de la ligne de front, prévu par les accords de Minsk signés le 12 février avec la médiation du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel et en présence du président Vladimir Poutine, n'a pas pu être affirmé et pour cause les observateurs de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) n»'y ont pas accès».

Des mouvements d'artillerie lourde ont été constatés des deux côtés dans les points chauds de l'Est de l'Ukraine où 64 soldats ukrainiens ont été tués selon Kiev depuis le cessez-le-feu instauré le 15 février.
Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir les rebelles séparatistes de l'est ukrainien en envoyant sur place des armements et des troupes.

Moscou dément toute participation de ses forces régulières au conflit entre les insurgés et l'armée ukrainienne, qui a fait plus de 6.000 morts en 11 mois selon l'ONU. On indique par ailleurs que l'assassinat de l'opposant russe Boris Nemtsov a eu quelques effets sur la situation en Russie.

Le Parlement européen a réclamé une «enquête internationale indépendante» sur l'assassinat de de Nemtsov, estimant que l'indépendance du pouvoir judiciaire n'était «pas respectée» en Russie. Alors que Moscou a accusé les députés européens de nuire aux efforts en vue de normaliser les relations entre Moscou et Bruxelles.

Le coeur de l'économie russe menacé
 

Américains et Européens ont pris de nombreuses sanctions contre les séparatistes ukrainiens et contre la Russie elle-même. Ces sanctions, qui s'appliquent aussi à la Crimée, isolent économiquement la péninsule et ont provoqué le départ de presque toutes les entreprises occidentales qui s'y étaient installées.

Les autorités de Crimée affirment toutefois que ces difficultés sont temporaires. Même s'ils sont coupés de l'Ukraine par une frontière et ne peuvent se rendre en Russie qu'en ferry, la majorité de la population de Crimée semble partager l'optimisme des autorités, avec 82% des habitants soutenant toujours le rattachement de la péninsule, selon un sondage publié en février par l'institut Gfk Ukraine.
Pour Moscou, les nouvelles sanctions américaines sont une «provocation».

Pendant ce temps, des manifestations et des concerts sont prévus à Simféropol, capitale de la Crimée où éclataient les premiers heurts entre prorusses et pro-ukrainiens, de lundi à mercredi qui a été proclamé jour férié sur la péninsule.

A Moscou, c'est dans une ambiance festive que sera fêté le rattachement de la Crimée à la Russie. Un concert sera organisé mercredi à deux pas du Kremlin sous le slogan «Nous sommes ensemble». A la veille du premier anniversaire du référendum, la télévision publique russe doit diffuser dimanche soir un documentaire retraçant l'opération de l'annexion de la Crimée.

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