La Grèce doit rester dans la zone euro et tenir ses engagements européens à l'instar des autres pays, a affirmé lundi le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.
«Je ne veux pas que la Grèce sorte de l'euro. Je ne pense pas que cela serait bon pour la Grèce, ni pour l'ensemble des Européens. Mais, oui, j'aimerais que la Grèce respecte ses compromis comme nous le faisons tous», a déclaré Mariano Rajoy à la radio privée Onda Cero.
Samedi le ministre grec de la Défense Panos Kammenos a mis en garde contre une éventuelle sortie de la Grèce de l'euro, qui entraînerait selon lui un «effet domino» susceptible de se propager à l'Espagne.
«Si la Grèce explose, alors l'Espagne et l'Italie seront les prochains. Et, à terme, l'Allemagne. C'est pourquoi nous devons trouver une solution à l'intérieur de l'Euro», a-t-il dit au quotidien populaire allemand Bild.
«L'Espagne a déjà surmonté le pire», a répondu Mariano Rajoy, en écartant tout risque d'effet domino et en assurant que, contrairement à la Grèce, son pays «se finance parfaitement sur les marchés».
«Nous sommes en conditions d'aider la Grèce mais la Grèce doit aussi s'aider elle-même et doit prendre des décisions comme l'ont fait d'autres membres de l'Union européenne, qui tous respectent leurs engagements», a insisté M. Rajoy.
Le Grèce souhaiterait bénéficier d'une plus grande tolérance de la part de la Banque centrale européenne (BCE) pour accéder aux liquidités. Le pays lorgne aussi le déblocage rapide, au moins partiellement, de la dernière tranche de prêts (7,2 milliards d'euro) prévue dans le cadre de la prolongation de l'aide financière décidée le 20 février par la zone euro et la FMI.
... espère un accord sur le financement avec l'UE
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras s'est dit lundi convaincu qu'une solution sur le financement à très court terme de la Grèce, confrontée à de pressants besoins, sera trouvée avec les Européens «d'ici la fin de la semaine», même si certains partenaires du pays préfèreraient «un affrontement». Interrogé par un quotidien local sur le risque d'asphyxie financière du pays, M. Tsipras a estimé que «la question sera résolue au niveau politique d'ici la fin de la semaine, d'ici le sommet européen des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE et, si besoin, lors de ce sommet», jeudi et vendredi à Bruxelles.
Le Grèce souhaiterait bénéficier d'une plus grande tolérance de la part de la Banque centrale européenne (BCE) pour accéder aux liquidités.Ce pays lorgne aussi sur le déblocage rapide, au moins partiellement, de la dernière tranche de prêts (7,2 milliards d'euro) prévue dans le cadre de la prolongation de l'aide financière décidée le 20 février par la zone euro et la FMI.
La Grèce doit rembourser lundi 560 millions d'euros au FMI après deux premières tranches d'un total de 634 millions versées depuis début mars à l'institution de Washington.«Je ne cache pas qu'il existe des forces qui préfèreraient l'affrontement pour permettre la poursuite de l'austérité et qui, pour cette raison, bloquent l'application de l'accord du 20 février», a affirmé le Premier ministre alors que les échanges acerbes entre Athènes et Berlin se sont multipliés ces derniers jours.
Il a insisté sur «les nombreuses difficultés dans la longue négociation de la Grèce avec ses partenaires tant il existe de voix intransigeantes en Europe».Ces «forces en Europe, mais aussi en Grèce, ont pour identité l'austérité (...) et feront tout pour saborder la tentative de négociation du peuple grec, menaçant, provoquant et essayant de créer une panique politique et économique».
Pour autant, a répété le Premier ministre, «aucune menace ne pèse sur les retraites et les salaires» et le gouvernement entend bien mettre en oeuvre son programme sur «un horizon de quatre ans».
Il a rappelé les quatre premiers projets de loi en chantier: lutte contre la pauvreté, incitation au paiement des arriérés d'impôts, rétablissement de la radiotélévision publique ERT, réformes judiciaires avec suppression des prisons de très haute sécurité.
Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis avait lui déclaré vendredi que le gouvernement grec était prêt «à renvoyer l'application de certaines promesses électorales» à plus tard pour redonner confiances à ses partenaires européens.