Economie

Corail : la nouvelle loi relative à la pêche, un texte salvateur

Publié par DK News le 16-03-2015, 18h11 | 29
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L'adoption par le Conseil de la nation de la nouvelle loi relative à la pêche, avec la mise en place attendue de nouveaux instruments pour la protection des espèces marines dont le corail, a été chaleureusement accueillie par les plongeurs-corailleurs d’El Kala (El Tarf).

Rencontrés par l'APS lundi au port de pêche d’El Kala, plusieurs d’entre eux ont estimé qu’il «était temps» que le corail, un «fragile» cadeau de la mer qui a de tout temps constitué une source de convoitises, soit «exploité dans le cadre d’une législation claire afin de préserver cette ressource mise à mal par les pêcheurs illicites qui n’hésitent pas à racler sans management le fond marin».

Ahmed B. (35 ans), corailleur de père en fils, salue «le durcissement des sanctions prévues dans le cadre de la lutte contre la pêche illicite du corail», citant dans ce cadre les peines d’emprisonnement de 6 mois à 5 ans et demi, ainsi que les amendes pouvant aller jusqu’à 20 millions de dinars.
Des mesures «propres à dissuader, selon lui, tous ceux qui se sont crus, jusque-là, au-dessus de la loi».

Conscients de l’importance d’une formation adaptée aux technologies modernes qui permettent de valoriser, de pérenniser et de protéger ce produit «noble», les corailleurs d’El Kala se disent «prêts à améliorer leurs performances au moyen de stages encadrés par des experts afin de s’adapter aux nouvelles méthodes de plongée assurant une exploitation responsable et rationnelle de la ressource».

Selon le directeur de l’Ecole de formation aux techniques de la pêche, Nadir Touati, la ville d’El Kala abritera dès la fin du mois en cours un stage de formation qui se tiendra au centre de formation en plongée sous-marine professionnelle, inauguré en 2014 par le ministre de la Pêche et des ressources halieutiques.

Ce responsable rejoint l’avis des plongeurs-corailleurs en soulignant que le littoral d’El Kala, «réputé pour ses fonds regorgeant de corail, cet animal primitif proche des méduse et longtemps ciblé par une pêche abusive, £uvre de contrebandiers en quête d’or rouge à moindre frais, ne devrait plus, grâce à la nouvelle loi, être +écumé+ par les contrebandiers de tous bords».

M. Touati rappelle également «l’étude consacrée à la détermination de la biomasse corallifère, décidée dans la perspective d’une exploitation rationnelle des zones corailleuses et de la préservation de leurs récifs, considérablement réduits par les nombreux braconnages perpétrés par ceux qui ne soucient que du gain facile».

Le «corail rouge, uni et non carié» d’El Kala est un produit recherché et convoité depuis la nuit des temps, affirment les mêmes corailleurs qui rappellent que les gisements de corail ont pu être «régénérés» par l’arrêt de l’exploitation de cette ressource au lendemain de l’indépendance jusqu’au début de 1970.

Il reste que l’interdiction de la pêche au corail a poussé ceux qui sont à l’affut du gain facile à «massacrer» de nombreux récifs coralliens.Le recours à des procédés archaïques, tels que la croix de Saint-André pour racler les fonds marins, n’a fait qu’aggraver la situation. Une situation exacerbée par la prolifération de pêcheurs illicites, algériens et étrangers.

Selon des statistiques recueillies à la direction de la pêche et des ressources halieutiques, près de trois tonnes ont été saisies, à El Tarf, depuis l’interdiction de la pêche au corail en 2001. Durant le seul exercice 2014, sur 21 infractions des textes régissant le secteur de la pêche, 15 avaient trait à la pêche illicitede corail.

Nombreux restent les «pêcheurs» qui continuent, malgré le déploiement des services de sécurité, à exposer leurs vies à la mort, en continuant à s’aventurer en mer en quête de ce bijou vivant.
Seule, la reprise de l’activité, selon les normes et conditions définies dans le décret adopté récemment, est, aujourd’hui, en mesure, a-t-on assuré, d’éloigner définitivement les contrebandiers des récifs coralliens et de donner à ce merveilleux petit animal, qui meurt au contact de l’air, toute la place qui lui revient.Une réhabilitation longtemps attendue, aujourd'hui en voie de concrétisation.
 

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