L'Espagne a enregistré un déficit public en 2014 de 5,7% du Produit intérieur brut (PIB), contre 5,5% prévu par le gouvernement, mais ce chiffre reste en dessous des 5,8% auxquels s'était engagé Madrid, a annoncé vendredi le gouvernement.
"L'Espagne respecte ses engagements économiques" vis-à-vis de l'Union européenne, a déclaré la porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, à l'issue du Conseil des ministres.
"Nous avions un engagement de déficit de 5,8% et nous avons un déficit de 5,7%" en 2014, a-t-elle dit, soulignant que cette réduction se faisait "dans un contexte d'accélération de la reprise".
Pour sa part, le ministre du Budget Cristobal Montoro a précisé que le gouvernement a dû rembourser une part des impôts perçus d'environ 1,7 milliard d'euros en raison d'une décision de justice.
"Sans ces circonstances extraordinaires, nous aurions respecté les 5,5% promis par le gouvernement", a-t-il ajouté.
Madrid s'était engagé à aller plus loin que l'objectif fixé en accord avec Bruxelles pour 2014 (5,8%), promettant de réduire son déficit public à 5,5% du PIB, après 6,6% en 2013 et prévoyant de repasser sous la barre des 3% fixée par Bruxelles en 2016. Mais la banque d'Espagne a elle annoncé jeudi prévoir que le déficit, qui a atteint jusqu'à 11,1% du PIB en 2009, soit ramené à 4,5% du PIB en 2015 puis 3,9% en 2016. L'Espagne, après avoir dû recourir à un sauvetage européen de plus de 40 milliards d'euros pour son secteur bancaire, voit son économie repartir, le PIB affichant en 2014 une croissance de 1,4%.
Tirée par la consommation des ménages, qui profitent notamment de meilleures conditions de financement offertes par des banques soutenues par le programme de rachat d'actifs de la BCE, la croissance aura un effet positif sur l'emploi. Le pays reste toutefois frappé par un taux de chômage très élevé: la Banque d'Espagne table, comme le gouvernement, sur un taux de 22,2% fin 2015 puis de 20,5% en 2016, contre 23,7% fin 2014.