Les politiques d'utilisation des ressources énergétiques entre exigences du développement national et sécurité des besoins internationaux, ont été au cœur du débat lors d'un colloque scientifique qui s'est ouvert, hier, à l'université Sétif 1, en présence du wali, M. Mohamed Bouderbali, du président de l'APW, M. Fateh Kerouani et du recteur, M. Djenane Abdelmadjid.
Organisé par la Faculté des sciences économiques, commerciales et de gestion de l'université Sétif 1, en collaboration avec le laboratoire du partenariat et investissement dans les petites et moyennes entreprises dans l'espace euromaghrébin et le groupe de recherche :
partenariat euro- algérien dans le domaine de la sécurisation des approvisionnements énergétiques durables, cette rencontre scientifique, de deux jours, a regroupé en présence d'un très grand nombre d'étudiants, des professeurs des universités du pays, des chercheurs, des experts et des spécialistes en la matière qui ont présenté une vision intégrée sur les meilleures stratégies alternatives d'exploitation durable des ressources énergétiques algériennes en vue d'atteindre la diversification économique et l'équilibre entre les exigences du développement durable et la sécurisation des besoins énergétiques dans les marchés internationaux.
Selon le doyen de la Faculté des sciences économiques, commerciales et de gestion, les objectifs assignés à ce colloque sont : '' L'identification des potentiels naturels disponibles dans l'économie algérienne tels que les réserves de pétrole, de gaz naturel et du gaz de schiste, ainsi que les potentiels disponibles à partir des énergies renouvelables et de son importance future, l'estimation des effets attendus de la baisse des prix de pétrole sur l'économie algérienne, et de souligner leur impact sur les programmes d'investissements publics, d'analyser et évaluer les politiques et les stratégies nationales actuelles dans le cadre de l'utilisation des ressources énergétiques internes, en soulignant l'ampleur de la cohérence et la complémentarité des politiques d'amont et d'aval avec le reste des secteurs économiques stratégiques
D'analyser et évaluer les stratégies et les politiques d'exportation des ressources énergétiques des différents intervenants sur le marché énergétique international, de découvrir les nouvelles technologies dans le domaine de l'extraction et de la production de pétrole et de gaz du schiste, leur efficacité et comment l'Algérie pourrait en tirer profit, de présenter une vision intégrée sur les meilleures stratégies alternatives d'exploitation durable des ressources énergétiques algériennes en vue d'atteindre la diversification économique et l'équilibre entre les exigences du développement durable et la sécurisation des besoins énergétiques des marchés internationaux.
A une question sur le gaz de schiste, et son impact sur l'économie, un sujet d'actualité, le doyen souligne : '' On peut être contre cette énergie. On ne peut pas être aussi contre 6 500 milliards de m3 à raison de 10 dollars, il représente 65 000 milliards de dollars.
La question que l'on doit se poser, c'est comment améliorer les technologies actuelles et en profiter des expériences des grandes puissances dans ce domaine pour son exploitation d'ici à cinq ou six ans et en profiter de cette richesse''.
Parallèlement deux ateliers de travail et de réflexion ont été constitués sur '' les politiques et les technologies de l'exploitation du gaz de schiste et de l'énergie solaire et leur impact sur l'économie algérienne, sur les impacts attendus de la baisse des prix de pétrole sur l'économie algérienne dans le court et moyen terme''. Dans le hall de l'auditorium, il a été organisé une intéressante exposition des produits de l'énergie Solaire par l'entreprise Condor.
Pour cette importante manifestation scientifique, la première du genre à Sétif, cinq axes ont été retenus autour desquels les conférenciers et les communicateurs se sont basés pour présenter leur travail à savoir : le potentiel naturel, la structure et l'importance stratégique des ressources énergétiques en Algérie.
Le second axe portait sur l'évaluation des stratégies et des politiques d'utilisation interne des ressources énergétiques en Algérie, et leur rôle dans la réalisation de relation de complémentarité et d'intégration entre les différents secteurs économiques.
Viennent ensuite l'évaluation des politiques d'exportation, et les partenariats régionaux et internationaux de l'Algérie dans le domaine des approvisionnements énergétiques à la lumière des relations économiques externes déséquilibrées, les retombées actuelles et futures des projets de coopération euro-algérienne sur l'économie algérienne dans le domaine de la sécurisation des approvisionnements énergétiques durables.
Le quatrième tourne autour des politiques de gestion des revenus du secteur énergétiques, selon les principes du système financier et le code de la transparence financière générale. Quant au dernier, il traite des politiques et des technologies d'exploitation des ressources énergétiques renouvelables et non-renouvelables dans le cadre de la réalisation de l'équilibre entre les exigences du développement économique et l'équité sociale, à la lumière de la préservation de la sécurité environnementale.
Nous allons vers une crise du pétrole
Lors de la cérémonie d'ouverture, le Pr. Rachid Bruno Sekak de l'HSBC de France et d'Algérie a présenté une communication ayant pour thème '' Pétrole et économie algérienne''. Quant à l'expert pétrolier international et fondateur du cabinet Emergy, le Pr. Preure Mourad, il a développé une conférence fort intéressante intitulée : '' Les évolutions de la scène énergétique international.
Enjeux et challenges pour l'Algérie''. L'orateur s'est beaucoup interrogé sur les causes de la perte de près de 50% du prix du pétrole sur le cour mondial, en soulignant que ''lorsque la cote du dollar monte, le prix du pétrole baisse, sans compter la baisse sensible de la demande, avec 500 000 barils/jour de trop''. Il n'a pas manqué aussi de rappeler l'indiscipline de l'OPEP, produisant 31 millions/ jour et 1,5 million d'excédent, avec un premier semestre turbulent et baissier ''.
Et d'ajouter : '' Les deux facteurs qui pèsent actuellement sur les hydrocarbures sont les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite. Le marché pétrolier ne reprendra que lorsque la demande augmentera. Il y a une euphorie dans l'abondance. Les prix n'augmenteront de 20 à 25% que d'ici 2020. Nous allons vers une crise du pétrole. Les besoins dans le monde d'ici 2030 seront de 107 millions barils/jour''.
Les autres communications ont tourné autour des thèmes de : '' La production d'électricité par les énergies renouvelables : perspectives générales'', '' Les enjeux de la transition énergétique en Algérie'', '' Problématique énergétique et reconfiguration du marché mondial : Quelle (s) option (s) pour l'Algérie dans le cadre du partenariat avec l'Union Européenne'', ''Rationalisation de l'exploitation pétrolière par la redéfinition de la rente'', ''Le gaz de schiste aux Etats-Unis : analyse des impacts économiques et environnementaux'', '' Le de schiste...la nouvelle révolution énergétique mondiale : le cas des Etats-Unis''.