La monnaie russe (rouble), dont l'effondrement avait plongé le pays dans une crise économique et financière, poursuivait sa remontée vendredi, à son plus haut niveau en plus de quatre mois face à l'euro et au dollar.
Soutenue notamment par l'apaisement des combats en Ukraine et la stabilisation des cours du pétrole, la devise russe a repris près de 30% en deux mois face à l'euro et au dollar.
L'euro valait vendredi matin 53,75 roubles, son plus bas niveau depuis la novembre. Il avait touché 100 roubles au plus fort de la crise mi-décembre.
Le dollar s'échangeait quant à lui à 50,73 roubles, son plus bas niveau depuis la fin décembre.
Ce rebond a notamment permis d'observer des signes de stabilisation de l'inflation, qui a atteint en mars son plus haut niveau en rythme annuel depuis 2002 à 16,9%.
Des ministres ont indiqué que la chute du produit intérieur brut (PIB) attendue cette année pourrait être plus réduite que les 3% attendus. La patronne de la banque centrale, Elvira Nabioullina, s'était défendue mardi de faire monter «artificiellement» le rouble en réduisant les liquidités disponibles.
Elle explique plutôt le renforcement du rouble par la stabilisation des prix du pétrole, la fin du pic des remboursements de dette extérieure, des ventes de devises plus équilibrées de la part des exportateurs et le développement des instruments de refinancement en devises.
La Banque de Russie a augmenté son taux directeur à 17% en décembre pour enrayer la chute du rouble. Elle l'a réduit depuis à petits pas jusqu'à 14% pour éviter d'aggraver de manière excessive la crise avec un coût de l'emprunt insoutenable.