Les négociations entre le gouvernement syrien et une partie de l'opposition se sont achevées vendredi à Moscou avec l'adoption d'un «document de travail», un indiqué vendredi un représentant de l'opposition.
«Nous n'avions pas d'illusion sur le fait que cette conférence donnerait des solutions à tous les problèmes, mais nous sommes arrivés à nous entendre sur une série de points», a affirmé Qadri Jamil, un ancien vice-premier ministre syrien, démis de ses fonctions en 2013.
Le représentant du gouvernement syrien et de l'opposition, réunis à Moscou du 6 au 9 avril, sont tombés d'accord sur le «respect de la souveraineté de la Syrie, de son unité et de son intégrité territoriale», la «lutte contre le terrorisme international», le «règlement de la crise syrienne par des moyens politiques et pacifiques conformément aux principes du communiqué de Genève du 30 juin 2012», un rejet de toute ingérence étrangère et une levée des sanctions.
«La formation d'une sorte de position commune entre l'opposition est un but partagé, et c'est déjà positif», a-t-il ajouté. «Sur le principe, nous avons des avancées positives. Nous avons réussi à trouver des positions communes», a déclaré pour sa part Bachar al-Jaafari, ambassadeur de la Syrie à l'ONU et représentant de Damas dans ces négociations.
M. al-Jaafari, a précisé que seul le manque de temps a empêché les différentes parties de s'entendre sur une position commune «pour combattre le terrorisme international», deuxième point d'un programme en comptant douze proposé par les émissaires de Damas aux représentants de l'opposition.
«C'est cette question qui devra être traitée en priorité lors de notre prochaine rencontre», a-t-il ajouté. Samir Aïta, président de l'association Démocratie et Entraide en Syrie et l'un des participants aux négociations a estimé qu'«aucun document à portée politique n'a été signé. Nous ne sommes pas parvenus à nous mettre d'accord jusqu'à la fin».
«Le régime syrien a laissé passer une chance de parvenir à un règlement politique», a-t-il ajouté.
Pour la Russie, le principal objectif de cette rencontre est de maintenir un cadre de discussions en espérant que s'y joindront à terme la majorité des composantes de l'opposition.
Le conflit en Syrie a fait plus de 215.000 morts depuis mars 2011 et plus de 10 millions de réfugiés ou déplacés, soit près de la moitié des quelque 23 millions d'habitants que compte le pays, un record mondial inégalé depuis 20 ans, selon l'ONU.
50 civils otages de Daech depuis dix jours dans le centre de la Syrie
Près de 50 civils capturés lors d'un raid mené, il y a dix jours, par les éléments du groupe terroriste autoproclamé «Etat Islamique» (EI/Daech) contre un village dans le centre de la Syrie, sont retenus en otages, a indiqué vendredi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Les civils ont été kidnappés à Maboujé, dans la province centrale de Hama, a précisé l'Observatoire, selon lequel l'enlèvement «n'avait jusqu'à présent pas été divulgué afin de ne pas compromettre les négociations en vue de la libération des otages».
Le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a indiqué que les négociations «ont échoué depuis», relevant des «craintes» que les femmes aient été traitées en esclaves. Le 31 mars, les élément de Daech avaient exécuté au moins 37 civils à Maboujé, dont deux enfants.
Selon l'Observatoire, ces civils avaient été «brûlés, décapités et on avait tiré sur eux». Par ailleurs, l'OSDH a fait état de l'explosion vendredi d'une voiture piégée dans le quartier alaouite de Hay al-Arman à Homs (centre), faisant au moins un mort et 10 blessés.