L'Iran aura besoin de 400 à 500 avions de ligne dans la prochaine décennie pour rénover sa flotte vétuste, une modernisation nécessaire mais suspendue à la conclusion d'un accord global sur le dossier nucléaire iranien, a indiqué vendredi le chef de l'aviation civile iranienne.
L'industrie du transport aérien est en effet soumise à un embargo américain qui empêche les constructeurs occidentaux de vendre des appareils et des pièces détachées aux compagnies iraniennes, clouant au sol une partie de leur flotte.
Cet embargo a été partiellement levé par l'accord intérimaire sur le nucléaire iranien signé en novembre 2013 par l'Iran et les grandes puissances.
L'accord porte sur les pièces détachées et les réparations de sécurité, mais la vente d'appareils reste interdite. L'Iran et le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) doivent conclure d'ici fin juin un accord global qui garantirait la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire de Téhéran, en échange d'une levée des sanctions internationales décrétées depuis 2006.
«Nous aurons besoin de 400 à 500 avions dans les dix prochaines années», a expliqué Alireza Jahangirian, le chef de l'Organisation iranienne de l'aviation civile, cité par l'agence officielle Irna.
La flotte iranienne comprend actuellement 140 avions en activité, ce qui est «très bas par rapport aux normes internationales concernant les indices de population et de superficie» d'un pays, a-t-il souligné.
Depuis la signature de l'accord intérimaire en 2013, beaucoup de compagnies aéronautiques étrangères «ont eu des discussions avec les compagnies et les organisations aériennes pour évaluer le marché du transport», a expliqué M. Jahangirian. «Elles sont déterminées à s'entendre si la situation change», a-t-il dit.
Depuis novembre 2013, les Etats-Unis ont autorisé Boeing et le conglomérat General Electric (GE), qui fabrique notamment des réacteurs, à vendre des pièces détachées d'avions de ligne à l'Iran, permettant d'ajouter une dizaine d'appareils à la flotte iranienne.
Pour contourner l'embargo, l'Iran a développé la construction d'avions de type russe ou ukrainien, notamment des Antonov 140 pour ses vols intérieurs. Téhéran a également acheté ou loué ces dernières années des avions d'occasions, notamment des Airbus.