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Crise en Libye : Escalade de la violence, l'Onu appelle à un climat "plus propice" au dialogue national

Publié par DK News le 19-04-2015, 15h35 | 31
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Les attaques armées se poursuivent dans différents endroits de la Libye notamment à Tripoli où une vingtaine de personnes ont été tuées ces dernières 48 heures, suscitant l'indignation de l'ONU qui a appelé à la mise en place d'un climat "plus propice" aux négociations pour un règlement pacifique de la crise.

Dans une tentative visant à reprendre le contrôle de Tripoli, les forces du gouvernement reconnu par la communauté internationale ont affronté vendredi les éléments de la coalition de milices Fajr Libya à Tajoura, à 30 km de la capitale libyenne, contrôlée par celle-ci. Les forces du gouvernement avaient attaqué le camp de la coalition.

Le bilan est lourd: 14 soldats, quatre membres de Fajr Libya et trois femmes sont morts dans les combats entre les camps rivaux, selon des sources militaires pro-gouvernementales. Vingt-quatre autres personnes y ont été blessées.

Ces nouvelles attaques font suite à celles menées mercredi à Tripoli en vue d'en chasser la milice de Fajr Libya: Ainsi, l'aviation du gouvernement, reconnu par la communauté internationale, a bombardé un camp militaire contrôlé par la coalition Fajr Libya, près de Tripoli.

Fin mars, le gouvernement reconnu, siégeant à Tobrouk (est) a annoncé une offensive pour libérer Tripoli, tombée aux mains de Fajr Libya en août 2014, et mène depuis des raids contre des positions de cette coalition de milices, notamment dans la région d'Al-Aziziya, non loin de la capitale.

Quant à Benghazi, berceau de la révolte qui a mis fin au régime de Maamar El-Gueddafi fin octobre 2011, cette ville de l'Est libyen connaît de violents combats entre les forces gouvernementales et celles du "Conseil de la Choura des révolutionnaires de Benghazi".

Ce dimanche, au moins dix civils ont été blessés dans des affrontements entre les deux forces rivales, selon Fadia Barghouthi, chargée de communication à l'hôpital "al-Jalaa".

Indignation internationale et efforts pour rapprocher les protagonistes

La Libye a deux gouvernements et deux parlements depuis que la coalition de milices s'est emparée de Tripoli et que le gouvernement reconnu s'est replié à l'est du pays. Pour mettre fin à ce chaos, l'Onu s'efforce de rapprocher les points de vue entre les protagonistes de la crise.

Pour l'émissaire de l'ONU pour la Libye, Bernardino Leon, les violences survenues vendredi à Tripoli sont "injustifiées" et "mettent en danger la vie de civils".

Il a, en outre, renouvelé son appel à toutes les parties à "déployer tous les efforts possibles pour mettre fin immédiatement aux combats (...) et prendre toutes les mesures nécessaires pour créer un environnement plus propice aux négociations" dans le cadre du processus du dialogue en cours.

S'agissant des combats de mercredi dernier, l'émissaire onusien les a qualifiés de "développement extrêmement négatif". "C'est non seulement inacceptable, mais nous espérons qu'il y aura une enquête pour déterminer qui est derrière", a-t-il poursuivi.

Il a en outre évoqué la nécessité de parvenir à un accord final, "y compris sur les noms" des membres du gouvernement d'union national, et exhorté les parties en conflit "à se montrer flexibles et prêtes à faire des concessions".

Si un tel accord, qui doit, en outre, inclure des "arrangements sécuritaires", est trouvé, chaque camp "retournera auprès de son Parlement pour évaluer s'il est suffisamment bon pour être approuvé", a-t-il précisé.

La solution politique reste "incontournable"

L'Algérie qui joue le rôle de facilitateur dans le dialogue inter-libyen en accueillant plusieurs rencontres à Alger entre des responsables politiques libyens en vue de mettre un terme à ce conflit, ne cesse de réaffirmer sa position à l'égard de cette question.

Le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, a ainsi affirmé jeudi soir lors d'une visite à Madrid que "la voie pacifique reste le moyen incontournable pour le règlement des conflits et des différends", en faisant référence notamment au conflit en Libye.

Toujours à Madrid, M. Messahel a déclaré que "l'Algérie et l'Espagne partagent le même point de vue quant à la formation d'un gouvernement d'Union nationale consensuel en Libye".

La semaine écoulée, les dirigeants de partis et des militants politiques libyens, réunis à Alger sous l'égide de la Mission d'appui des Nations unies en Libye (UNSMIL), avaient souligné leur engagement aux principes adoptés dans la Déclaration finale du premier round de dialogue, tenu le 11 mars dernier à Alger. Ils avaient déploré la persistance des hostilités et de la violence dans plusieurs régions de Libye.

Les participants à la seconde réunion du dialogue inter-libyen étaient pratiquement d'accord sur  90% des thèmes abordés. Ce résultat marque, selon les parties au dialogue, une "dynamique" pour la recherche d'une solution politique à la crise qui secoue la Libye.

L'ONU, qui a qualifié de "grand succès" le second round des pourparlers d'Alger, a proposé une feuille de route portant sur "la formation d'un Conseil présidentiel dirigé par des personnalités indépendantes, un gouvernement d'Union nationale et un Parlement représentant tous les Libyens".

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