La Chine a décidé de réduire le ratio de réserves obligatoires des banques qui passe de 19,5% à 18,5% à partir de lundi, dans le but d'injecter plus de liquidités dans le système et soutenir la croissance, a annoncé dimanche la banque centrale chinoise (PBOC).
Les réserves obligatoires sont les dépôts que les banques sont obligées de placer auprès de la banque centrale et ne peuvent pas prêter. Les taux de réserves obligatoires ne sont pas les mêmes pour tous les établissements.
Le relèvement de ces réserves permet de freiner le volume des nouveaux prêts que les banques peuvent accorder et de réduire la croissance de la masse monétaire. A l'opposé, la réduction du ratio doit aider à libérer des liquidités et permettra aux banques d'accorder davantage de prêts.
Depuis novembre la PBOC a réduit à deux reprises ses taux d'intérêt tout en multipliant les injections de liquidités. Début février, elle avait abaissé ce ratio d'un demi-point de pourcentage.
Mais les moteurs économiques traditionnels ne repartent pas: le marché immobilier et la construction continuent de piquer du nez, les exportations ont inopinément chuté de 15% sur un an en mars.
La croissance chinoise a ainsi continué de ralentir au premier trimestre, à 7%, en deçà des 7,3% du trimestre précédent et de la croissance de 7,4% enregistrée en 2014, sa plus faible performance depuis presque un quart de siècle.
Depuis Washington où il participe à une réunion du Fonds monétaire international (FMI), le gouverneur de la PBOC, Zhou Xiaochuan, a laissé entendre samedi qu'un nouvel ajustement des taux d'intérêt pourrait avoir lieu prochainement.
«Nous avons de la marge s'agissant du ratio de réserves (bancaires) et nos taux d'intérêt ne sont pas encore à zéro», a-t-il dit. «Il y a vraiment de la marge. Mais nous devons procéder avec prudence.
Cela ne veut pas dire que nous devrons utiliser cette marge ou l'utiliser complètement».
La Chine, qui craint d'encourager la déflation, poursuivra une politique monétaire «prudente», a insisté M. Zhou.