Assia Djebbar a été, à travers son euvre, «la voix des femmes sans voix» ont souligné jeudi à Tizi Ouzou les participants à une journée d’étude sur l’£uvre et le parcours de cette grande figure de la littérature algérienne contemporaine.
Mme Fatima Malika Boukhelou, enseignante universitaire et Nadia Sebkhi, directrice de la revue littéraire l’IvrescQ, ont souligné lors de cette rencontre organisée à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, que Assia Djebbar a vite a compris, à l’instar de tous les écrivains de son époque, combien l’écriture avait un «pouvoir salvateur, libérateur, cathartique et à même de changer l’ordre du monde et contribuer à l’émancipation de la femme».
L’écriture, devient alors pour cette membre de l’Académie française (élue en 2005) et pour les femmes de la «société traditionnelle» à travers ses œuvres, «un processus d’individuation avec lequel cette frange de la société pouvait conquérir sa place et de s’affirmer dans la collectivité», a témoigné Mme Boukhelou.
Pour sa part Mme Sebkhi a souligné que Assia Djebbar, décédée le 7 février dernier, est une de ces écrivaines géantes qui ont marqué l’histoire de l’écriture, de leurs noms, en mettant sa plume au service des femmes pour «transformer les sans voix, leur douleur avalée et leur silence résigné en prose, poésie, scénario et récit», car pour l’enfant de Tipasa, écrire c’est plaider pour les autres, a-t-elle ajouté.