Monde

Syrie: Le conflit s'enlise, l'Occident accuse Damas de l'échec des négociations

Publié par DK News le 16-02-2014, 16h31 | 29
|

Le conflit en Syrie demeure d'actualité du fait que les négociations inter-syriennes ont une nouvelle fois échoué en raison de l'intransigence des deux délégations représentant le gouvernement et l'opposition.

La décision du médiateur de l'ONU, Lakhdar Brahimi, de mettre fin samedi aux discussions, dans l'impasse depuis trois semaines à Genève, a été l'occasion pour les puissances occidentales de sortir de leur réserve ponctuelle accusant la délégation du gouvernement syrien dépêchée par le président Bachar al Assad d'être résponsable de l'échec des négociations.

Londres a qualifié l'échec des négociations de «sérieux revers», selon un communiqué publié par le Foreing office. «L'impossibilité de s'entendre sur le programme des prochaines sessions de négociations (...) représente un sérieux revers en vue de trouver la paix en Syrie, et la responsabilité en incombe directement au régime d'Assad», a estimé le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, dans un communiqué où il a accusé le gouvernement syrien d'être responsable de cette impasse.

Pour Londres, les déclarations du médiateur de l'ONU Lakhdar Brahimi à la presse, samedi, «mettent clairement en évidence que le régime a refusé de discuter d'une autorité gouvernementale de transition, un sujet qui est au coeur des négociations et qui représente un moyen essentiel de mettre fin au conflit», a poursuivi le chef de la diplomatie britannique.

La France, par la voix de son chef de la diplomatie Laurent Fabius, «condamne l'attitude du régime syrien qui a bloqué toute avancée». «Je condamne l'attitude du régime syrien qui a bloqué toute avancée sur l'établissement d'un gouvernement de transition et multiplié les violences et les actes de terreur a l'encontre des populations civiles», avait declaré

M. Fabius, et «salue le courage et le sens des responsabilités de la Coalition nationale syrienne qui a adopté une position constructive tout au long des négociations». «Ceux qui exercent une influence sur le régime doivent l'amener au plus vite à respecter les demandes de la communauté internationale», a poursuivi le ministre dans une claire allusion à la Russie.

La veille, le président américain Barak Obama avait exprimé sa frustration et annoncé sa volonté d'«accroître la pression sur le régime syrien». «Nous ne nous attendons pas à régler cela (le conflit syrien, ndlr) à court terme, alors il va y avoir des mesures immédiates que nous allons devoir prendre pour aider la situation humanitaire là-bas», avait déclaré M. Obama lors d'une rencontre vendredi avec le roi de Jordanie Abdallah II au sujet de la guerre qui ravage depuis près de trois ans la Syrie. «Il y aura des mesures intermédiaires que nous pourrons prendre pour mettre davantage de pression sur le régime d'Assad», a ajouté Obama, sans fournir de précisions.

Après le refus de la délégation du gouvernement syrien d'appliquer l'ordre du jour, le médiateur de l'ONU avait mis fin samedi aux discussions inter-syriennes et n'a fixé aucune date pour une reprise. Il a expliqué que les deux parties avaient adopté des positions difficilement conciliables.

«Le gouvernement considère que la question la plus importante est le terrorisme, l'opposition considère que la question la plus importante est l'autorité gouvernementale de transition (...) nous avons suggeré que le premier jour nous parlions de la violence et de combattre le terrrorisme, et le second  jour de l'autorité gouvernementale, étant bien clair qu'une journée sur chaque sujet ne saurait suffire», a expliqué M. Brahimi.

«Malheureusement le gouvernement a refusé, provoquant chez l'opposition le soupçon qu'ils ne veulent absolument pas parler de l'autorité gouvernementale de transition», a ajouté le médiateur. M. Brahimi s'est dit «tout à fait désolé» et s'est excusé «auprès du peuple syrien dont les espoirs étaient si grands». «J'espère que les deux parties vont réfléchir un peu mieux et reviendront pour appliquer le communiqué de Genève», adopté en juin 2012 par les grandes puissances comme plan de réglement politique de ce conflit qui dure depuis près de trois ans.

«J'espère que ce temps de réflexion conduira en particulier le gouvernement à rassurer l'autre partie (sur le fait) que quand ils parlent d'appliquer le communiqué de Genève ils comprennent que l'autorité gouvernementale transitoire doit exercer les pleins pouvoirs exécutifs. Bien sûr combatttre la violence est indispensable», a ajouté M. Brahimi. Enfin, le médiateur international a indiqué qu'il allait rendre compte à New York au Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et qu'il espérait que se tiendrait une réunion avec lui et les deux chefs de la diplomatie russe et américaine Sergei Lavrov et John Kerry, dont les deux pays sont les initiateurs de la conférence de paix sur la Syrie dite Genève II.

Le conflit syrien, qui dure depuis trois ans, a fait plus de 140.000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une organisation non-gouvernementale syrienne qui s'appuie sur un large réseau de sources médicales et de militants à travers le pays.

|
Haut de la page

CHRONIQUES

  • Walid B

    Grâce à des efforts inlassablement consentis et à une efficacité fièrement retrouvée, la diplomatie algérienne, sous l’impulsion de celui qui fut son artisan principal, en l’occurrence le président de la République Abdelaziz Bouteflika, occupe aujour

  • Boualem Branki

    La loi de finances 2016 n’est pas austère. Contrairement à ce qui a été pronostiqué par ‘’les experts’’, le dernier Conseil des ministres, présidé par le Président Bouteflika, a adopté en réalité une loi de finances qui prend en compte autant le ress

  • Walid B

    C'est dans le contexte d'un large mouvement de réformes sécuritaires et politiques, lancé en 2011, avec la levée de l'état d'urgence et la mise en chantier de plusieurs lois à portée politique, que ce processus sera couronné prochainement par le proj

  • Boualem Branki

    La solidité des institutions algériennes, la valorisation des acquis sociaux et leur développement, tels ont été les grands messages livrés hier lundi à Bechar par le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales Nouredine Bédoui.

  • DK NEWS

    Le gouvernement ne semble pas connaître de répit en cette période estivale. Les ministres sont tous sur le terrain pour préparer la rentrée sociale qui interviendra début septembre prochain.

  • Walid B

    Dans un contexte géopolitique régional et international marqué par des bouleversements de toutes sortes et des défis multiples, la consolidation du front interne s'impose comme unique voie pour faire face à toutes les menaces internes..

  • Walid B

    Après le Sud, le premier ministre Abdelmalek Sellal met le cap sur l'Ouest du pays où il est attendu aujourd'hui dans les wilayas d'Oran et de Mascara pour une visite de travail et d'inspection.