Economie

Grèce-UE : Le Premier ministre grec invite les créanciers à ne pas jouer la montre

Publié par DK News le 16-05-2015, 17h26 | 16
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Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a souligné vendredi que son gouvernement ne reviendrait pas sur «ses lignes rouges», et a invité les créanciers du pays à ne pas miser sur un affaiblissement de cette détermination.

«Certains peuvent s'imaginer que plus le temps passe, plus la résistance de la Grèce sera mise à l'épreuve et plus les +lignes rouges+ qu'elle s'est fixées disparaitront» a lancé M. Tsipras à la tribune d'un colloque organisé par The Economist.

«Si c'est le cas, qu'ils oublient : c'est le contraire qui se produira», a ajouté le premier ministre de gauche radicale, arrivé au pouvoir en janvier.Le gouvernement Tsipras discute depuis son arrivée avec les créanciers du pays, FMI et UE, pour essayer d'obtenir une tranche de 7,2 milliards d'euros de prêts, sans renoncer à ses engagements sociaux vis-à-vis de ses électeurs.

Or, certaines de ces promesses vont à l'encontre des souhaits de réformes voulus par les créanciers.
Le pays est sous perfusion depuis 2010. Il lui a été promis un total de 240 milliards d'euros de prêts en échange de réformes difficiles pour la population.

Les presque quatre mois de discussions récentes pèsent manifestement sur les finances de la Grèce et le gouvernement doit racler les fonds de tiroir et faire appel aux collectivités locales et aux administrations pour alimenter les finances de l'Etat et lui éviter un défaut de paiement.
M. Tsipras a cependant assuré vendredi que ce ne serait pas aux dépens des soldes des fonctionnaires et des retraites. Selon lui, ceux-ci seront versés, et «il est impossible que le gouvernement fasse marche arrière sur les salaires et les retraites. Les Grecs ont assez souffert comme cela».

Le Premier ministre, malgré ces propos très fermes, a relevé, comme les créanciers ces derniers jours, que des progrès avaient été accomplis dans les négociations récemment, et a mentionné «son espoir que nous soyons proches d'un accord».Il a cependant indiqué qu'un accord avec les créanciers devrait englober une restructuration de l'énorme dette du pays (plus de 177% du PIB), ce à quoi l'Union européenne est réticente, l'Allemagne en particulier.

Il a indiqué que depuis le mois d'août dernier, le pays a remboursé 17,5 milliards d'euros de prêts à ses créanciers sur ses seules ressources, puisque ces derniers n'ont débloqué aucune nouvelle somme pour le pays depuis cette date.

La Grèce doit fournir une «liste de réformes complète et crédible»

Le vice-président de la commission européenne, Valdis Dombrovskis, a pressé samedi la Grèce de «constituer une liste de réformes complète et crédible», dans un entretien au quotidien allemand Bild.
«Le gouvernement grec doit s'accrocher et constituer une liste de réformes complète et crédible», a-t-il affirmé, estimant que les négociations, désormais en cours, doivent passer à «la vitesse supérieure».

La Grèce et ses créanciers, FMI et UE, tentent de faire aboutir depuis plus de deux mois des tractations laborieuses portant sur la mise en oeuvre de réformes suffisamment satisfaisantes pour libérer une tranche de prêts de 7,2 milliards d'euros.Alors que le pays risque d'être à court de liquidités d'ici «deux semaines», ses bailleurs de fonds internationaux exigent de lui «encore plus» de réformes, notamment dans «l'assainissement de ses finances publiques, sur les retraites et sur le marché du travail», souligne M. Dombrovskis.

«La Grèce doit maintenant proposer des réformes et ne peut pas seulement refuser celles qu'on lui propose», a-t-il insisté. «Chaque jour sans accord rend la situation des citoyens grecs encore plus difficile et en ce qui concerne la situation financière, il y a toutes les raisons d'agir vite», a estimé le vice-président de la commission.

Le gouvernement grec souhaite mettre cette question au menu d'un sommet européen prévu à Riga la semaine prochaine, avait indiqué mercredi le porte-parole du gouvernement.Les dirigeants européens seront rassemblés jeudi et vendredi prochains à Riga, en Lettonie, pour un «sommet du Partenariat oriental» consacré aux relations de l'UE et des pays d'Europe orientale et du Caucase du Sud.
 

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