La responsable du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), Valérie Amos, entame mardi une visite à Bangui destinée à évaluer les interventions humanitaires dans la capitale centrafricaine et à Bossangoa (nord-ouest), a annoncé l'Ocha.
Lors de sa visite de trois jours, Mme Amos «souhaite faire le point sur la grave crise humanitaire en République centrafricaine, qui s'est détériorée depuis début décembre, et aussi comprendre les défis que rencontrent les acteurs humanitaires», a indiqué le bureau de l'Ocha dans un communiqué.
Mme Amos sera accompagnée notamment par le directeur exécutif d'ONUSIDA, Michel Sidibé et la commissaire aux affaires politiques de l'Union africaine (UA), Aicha L. Abdullahi, a précisé l'Ocha. M. Sidibé «vient traiter des questions d'intégration du Sida dans les urgences humanitaires», a expliqué le responsable de l'Onusida dans le pays, Vincent Takpa, déplorant que la lutte contre le Sida en Centrafrique est paralysée suite à l'insécurité qui touche le pays.
La Centrafrique a sombré dans le chaos depuis le coup d'Etat en mars 2013 de Michel Djotodia, chef de l'ex-coalition rebelle Séléka qui a pris le pouvoir, avant d'être contraint à la démission le 10 janvier.
Face aux rebelles de la Séléka, des milices locales d'autodéfense, issues des régions rurales se sont peu à peu formées: les anti-balaka qui ont à leur tour semé la terreur dans Bangui et en province.
L'ONU estime que le nombre de personnes déplacées suite à ces violences dépasse les 714.000. Plus de 288.000 d'entre eux se trouvent à Bangui, 60% sont des enfants. Plus de la moitié des 4,6 millions de la population du pays nécessite une assistance immédiate, s'alarme l'Organisation mondiale.