Les cours du pétrole ont ouvert en hausse hier à New York, face à une actualité plutôt favorable au marché, avec, aux Etats-Unis, une nouvelle diminution des réserves de brut, et, au Moyen-Orient, des troubles qui pourraient menacer l'approvisionnement.
Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en juillet, désormais contrat de référence, prenait 96 cents en début d'après-midi à 59,94 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) et poursuivait ainsi sa hausse d'environ un dollar de la veille.
«Ce sont les préoccupations géopolitiques qui soutiennent les cours», a jugé un analyste d'Again Capital. Il a estimé que des investisseurs pourraient passer à l'achat par précaution avant un week-end de trois jours aux Etats-Unis, où la journée de lundi sera fériée.
Même si le Yémen n'est pas un gros producteur de pétrole, les pays voisins sont très préoccupés par la sécurité du détroit de Bab el-Mandeb, qui sépare l'Afrique de la Péninsule arabique et se trouve sur un axe important du commerce maritime mondial.
Aux Etats-Unis, «les chiffres d'hier sur les réserves soutiennent aussi le marché», a-t-il ajouté mettant en avant la demande solide d'essence. Les chiffres du département de l'Energie (DoE) sont dans l'ensemble perçus comme favorables au marché, car ils font à la fois état d'une nouvelle baisse des réserves de brut, et d'un déclin de plus de 100.000 barils par jour de la production américaine, le premier à être notable depuis plusieurs mois 1malgré quelques baisses minimes lors des précédentes semaines.
Néanmoins, le marché, sur lequel les cours ont rebondi d'une quinzaine de dollars après avoir atteint en mars à New York leur plus bas niveau depuis six ans, ne semble témoigner que d'un optimisme mesuré, d'autant que les cours avaient chuté de plus de deux dollars en début de semaine.
Le Brent à plus de 65 dollars à Londres
Les prix du pétrole continuaient de grimper, jeudi en cours d'échanges européens, après l'annonce d'une baisse des stocks de brut et de la production de pétrole aux Etats-Unis la semaine dernière. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet valait 65,67 dollars en fin de matinée, en hausse de 64 cents par rapport à la clôture de mercredi.
A New York, le baril de «light sweet crude» (WTI) pour la même échéance gagnait 56 cents à 59,54 dollars. «Les prix poursuivent leur reprise ce matin, dans la lancée de la veille après la publication des statistiques du DoE (Département américain de l'Energie)», commentaient les analystes de Commerzbank. Lors de la semaine achevée le 15 mai, les stocks américains de pétrole brut ont baissé de 2,7 millions de barils, à 482,2 millions, alors que les experts n'attendaient qu'un déclin de 1,75 million de barils.
La production américaine s'est établie à 9,262 millions de barils par jour (mbj), baissant de 112.000 barils par jour en une semaine. Ces statistiques ont été bien reçues par les investisseurs, car de bon augure dans un marché miné par la surabondance d'offre à laquelle le boom du pétrole de schiste américain a largement contribué.
Mais certains analystes choisissaient de demeurer prudents, soulignant les niveaux élevés des stocks en comparaison aux années précédentes à la même période.
«Les stocks sont toujours importants aux Etats-Unis et la production devrait de nouveau augmenter plus tard cette année car la hausse des prix amène de plus en plus d'entreprises à reprendre l'activité de forage et de fracturation hydraulique (pour l'exploitation du pétrole de schiste, NDLR)», estimaient les analystes de Capital Economics.