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Burundi :le nouveau ministre de la Défense appelle les militaires à la «cohésion»

Publié par dknews le 21-05-2015, 18h11 | 47
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Le nouveau ministre de la Défense burundais et son chef d'état-major ont appelé mercredi l'armée burundaise à «la cohésion», et demandé aux militaires toujours en fuite une semaine après le coup d'Etat manqué contre le président Pierre Nkurunziza, de «rejoindre leurs unités».

«La survie du Burundi en tant que nation repose sur la cohésion de la FDN, (Force de défense nationale, armée). Le contraire occasionnerait une situation similaire «à la Somalie», a mis en garde l'armée, ce qui serait «inacceptable», indique un communiqué de l'armée. Le ministre Emmanuel Ntahonvukiye, un civil nommé lundi après le limogeage de son prédécesseur, et le chef d'état-major Prime Niyongabo ont tenu à Bujumbura une «causerie morale» à l'attention des officiers en poste dans la capitale, précise le texte.

Plusieurs sujets au coeur de l'actualité, alors que le pays est plongé dans une grave crise politique, ont été abordés au cours de ces «échanges», et plusieurs point «dégagés», selon ce communiqué.
Le président Nkurunziza est confronté depuis fin avril à un mouvement de contestation populaire contre sa candidature à un troisième mandat à l'élection présidentielle du 26 juin. Ces manifestations, quotidiennes à Bujumbura et réprimées sévèrement par la police, ont été émaillées par de nombreuses violences qui ont fait une vingtaine de morts.

La semaine dernière, le président Nkurunziza a déjoué une tentative de coup d'Etat fomenté par un groupe d'officiers lui reprochant de se représenter pour un nouveau mandat présidentiel «au mépris» de son peuple. Une vingtaine de militaires ont été arrêtés, le chef du complot, le général Godefroid Niyombare, est toujours en fuite, selon les autorités.

«La tentative de coup d'état opérée par un groupe de mutins n'avait pas de connotation ethnique», assure le communiqué de l'armée.«Certains militaires ont été roulés sans savoir où ils allaient et se cachent jusqu'à l'heure actuelle», et le chef d'état-major les a appelés à «regagner leurs unités». Après l'échec du putsch, des soldats auraient fui avec leurs armes dans Bujumbura rural, la périphérie de la capitale. Leur nombre n'est pas connu.

«Il existe beaucoup de rumeurs pendant ces jours, il a été demandé aux militaires de gérer la situation par une communication efficace et efficiente à tous les échelons de commandement (...)», ajoute le texte.

Toujours au cours de cette même «causerie», réunion où tout le monde est censée pouvoir se parler sans tenir compte du grade, il a été recommandé «de ne pas s'ingérer dans la gestion des affaires politiques, éviter toute forme de violence en respectant les droits de l'homme et les principes du droit international humanitaire». «Ces causeries morales» se poursuivront en province, «dans les différentes régions militaires les jours à venir».

L'armée burundaise se retrouve aujourd'hui au cœur de la crise, dans la gestion des manifestations comme de l'après coup d'Etat.
Depuis le début de la contestation contre un troisième mandat présidentiel, l'armée est jugée plus neutre que la police, accusée par les manifestants d'être aux ordres du parti au pouvoir, et elle ne semble assurer le maintien de l'ordre qu'avec réticence.

Au sortir de la terrible guerre civile qui a opposé l'ex-armée tutsi à des rébellions hutu et fait quelque 300.000 morts entre 1993 et 2006, l'armée a été recomposée. Au terme de l'accord de paix d'Arusha (2000), elle respecte une parité ethnique entre Hutu et Tutsi, et a su incarner la réconciliation et l'unité retrouvée du pays. Mais la nomination lundi d'un nouveau ministre, officiellement un civil apolitique mais considéré comme proche du Cndd-Fdd (le parti présidentiel), a suscité des tensions entre les deux composantes de l'armée, certains y voyant une rupture de l'équilibre ethnique voulu par Arusha.
 

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