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Palestine : rejet de toute inclusion des colonies dans les négociations, attachement au respect des frontières de 1967

Publié par Kosseylah BENALI le 27-05-2015, 17h24 | 22
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L'Etat de Palestine insistait mercredi sur le rejet de l'invitation du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à négocier l'annexion des futures colonies juives en Cisjordanie occupée, appelant Israël à s'engager en faveur d'une solution à deux Etats basée sur les frontières de juin 1967. «L'invitation de Netanyahu vise à avoir une légitimation palestinienne et internationale pour poursuivre les constructions dans les colonies illégales.

Ce qui est inadmissible sur le fond comme sur la forme», a affirmé le négociateur palestinien en chef Saëb Arekat dans une déclaration à la presse. Le quotidien israélien Haaretz, citant un responsable israélien, a rapporté que Benjamin Netanyahu souhaitait reprendre les négociations avec les Palestiniens, pour parvenir à des arrangements sur les frontières des blocs de colonisation qu'Israël annexerait dans le cadre d'un accord de paix.

M. Arekat a souligné que si Netanyahu veut la paix, «il n'a qu'à annoncé qu'une officialisation des frontières doit se faire sur la base de deux Etats avec les frontières du 4 juin 1967 et non se référer aux colonies illégales».

«Les colonies devraient être stoppées, au lieu d'être légitimées», a-t-il dit.
Il a ajouté à ce propos que la direction palestinienne était engagée à poursuivre sa politique d'internationalisation de la question palestinienne et soumettre ce dossier aux instances internationales, en se dirigeant notamment vers le Conseil de sécurité de l'ONU et la Cour pénale internationale (CPI) concernant notamment le respect du droit international.

Les Palestiniens attachés aux frontières de juin 1967
Le responsable israélien Netanhyahu, cité par le quotidien israélien Haaretz, a déclaré lors d'une rencontre à El Qods occupé avec la porte-parole de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, qu'une partie des territoires occupés en 1967 devait rester aux mains des Israéliens.
D'après le journal, le Premier ministre a expliqué qu'»il serait ainsi clair pour Israël dans quelles parties de Cisjordanie il pourra continuer à construire».

Réagissant à cette nouvelle sortie israélienne, le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina, a appelé à l'arrêt total de la colonisation, estimant que «toute négociation doit être fondée sur la reconnaissance des frontières de 1967 et d'El-Qods comme capitale de l'Etat palestinien indépendant».

Par les propos qu'il a tenus, le Premier ministre israélien a montré qu'il n'était pas disposé à mettre un terme à la colonisation et à s'engager à l'établissement d'un Etat palestinien indépendant sur les frontières de 1967 et avec El Qods-Est comme capitale, a estimé de son côté, le chef de la diplomatie palestinienne, Rydh Al-Maliki.

Selon M. Al-Maliki, «la composition actuelle du gouvernement israélien est une preuve qu'Israël n'est pas concerné par le processus de paix et la partie palestinienne ne croit plus avoir en face d'elle un partenaire israélien pour la paix.»

Les colonies pour légitimer le vol de terres palestiniennes
La responsable palestinienne Hanane Achraoui, qui a dénoncé la proposition attribuée Netanyahu a rappelé que «toutes les colonies sont illégales» et sont «une contravention flagrante au droit et au consensus internationaux. Mme. Achraoui, membre du Comité exécutif de l'OLP, a affirmé que «tout effort destiné à annexer et légaliser les blocs de colonies est une +tentative flagrante de voler encore plus de terres palestiniennes+».

Le Premier ministre israélien avait à plusieurs reprises écarté l'idée d'un Etat palestinien, et affirmé qu'il poursuivra la colonisation y compris à El-Qods-Est, en dépit des condamnations internationales. La communauté internationale considère illégale la colonisation, c'est-à-dire la construction d'habitations dans les territoires occupés par Israël depuis 1967.

Selon l'ONG israélienne B'Tselem, Israël a pris en 201plus de 50% du territoire de la Cisjordanie. Un accaparement des terres palestiniennes qui s'est faite sur plusieurs étapes notamment en construisant des colonies et en les élargissant.

Préoccupé par la poursuite de la colonisation, l'ONU avait appelé la semaine dernière Israël à geler les nouvelles colonies de peuplement afin de créer un climat permettant de relancer le processus de paix.
La colonisation pourrait tuer tout espoir de faire la paix sur la base d'une solution négociée à deux Etats, avait mis en garde en mars dernier l'émissaire des Nations unies au Proche-Orient Robert Serry.

Réunion mercredi à Bruxelles du groupe de coordination des donateurs pour le peuple palestinien

Le groupe de coordination des donateurs pour le peuple palestinien se réunit ce mercredi à Bruxelles pour examiner les progrès accomplis par l'Autorité palestinienne dans son programme de réformes, a annoncé le service diplomatique de l'UE.

Organisée à l'initiative de la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et présidée par le ministre norvégien des Affaires étrangères, Borge Brende en sa qualité de président du comité de liaison ad hoc (AHLC), la réunion fera également le point sur les efforts de reconstruction de la bande de Ghaza, dévastée par l'agression militaire israélienne à l'été 2014, qui a fait plus de 2000 morts palestiniens, et évaluera la nécessité d'un soutien international à la Palestine.

La réunion intervient après la conférence internationale des donateurs pour la Palestine, tenue en octobre dernier au Caire, et en préparation de la réunion ministérielle de l'AHLC à New York en septembre prochain. Depuis sa création en 1993, l'AHLC fait office de principal mécanisme de coordination des politiques d'aide au développement en faveur du peuple palestinien. Il a pour rôle stratégique d'appuyer les efforts déployés sur le plan politique en vue de parvenir à une solution fondée sur deux Etats, notamment en soutenant le processus de création des institutions palestiniennes.

 

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