Le président Malgache, Hery Rajaonarimampianina, a contesté hier la régularité du vote des députés appelant à sa destitution, assurant ses concitoyens qu'il se maintenait à son poste. "(...), Je tiens à dire au peuple que je suis toujours là, les dirigeants travaillent encore pour vous", a-t-il déclaré dans message diffusé par la Télévision nationale.
Avec cette intervention, le président Rajaonarimampianina, démocratiquement élu fin 2013, récuse le vote des parlementaires qu'il accuse de corruption. "Beaucoup d'entre nous se posent des questions sur ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale pour la mise en accusation du président. Je me pose des questions sur le respect des procédures légales, sur le respect de la transparence. Il y a eu des suspicions de corruption", a-t-il martelé.
"Il y a eu beaucoup de choses qui se sont passées qui ne semblent pas respecter la régularité et la légalité", a insisté le président Rajaonarimampianina, qui relève que 125 députés (sur 151) ont officiellement pris part au vote pour demander son départ, alors qu'il n'y avait selon lui que 80 députés en séance.
Une très large majorité de 121 députés malgaches avaient voté mardi soir la destitution du président démocratiquement élu en 2013, alors qu'une majorité des deux tiers de 101 voix était nécessaire, selon des médias.Les élus accusent notamment le président, isolé politiquement après avoir pris ses distances avec son soutien et mentor Andy Rajoelina, d'avoir violé la Constitution du pays, et plus généralement d'incompétence.
La Haute Cour constitutionnelle doit désormais se prononcer sur l'appréciation de la pertinence de la déchéance votée par les députés, mais aussi du respect de la procédure. Si la Cour confirme la destitution du président, des élections partielles pourraient voir une fois de plus, s'affronter Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, les deux hommes forts de Madagascar dont la rivalité empoisonne la vie politique depuis que le second a renversé le premier en 2009, selon des analystes.