Monde

Crise au Burundi : reprise du dialogue politique sur fond de violences

Publié par dknews le 29-05-2015, 17h49 | 35
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Le dialogue politique entre les autorités burundaises et les opposants à un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza ont repris jeudi pendant que les manifestants continuaient leur mobilisation dans les rues de Bujumbura après une interruption de quelques jours.

Suspendu ce week-end après l'assassinat d'un leader de l'opposition, le dialogue politique a repris dans l'après-midi, sous l'égide de l'ONU et de l'Union africaine (UA).«Le dialogue politique a repris dans les locaux de la Menub», le bureau des élections de l'ONU, a indiqué l'un des participants.

Ces discrètes négociations entre le camp présidentiel et les opposants se limitent pour l'instant à la gestion des manifestations et à la réouverture des radios privées qui sont presque toutes fermées aujourd'hui, et n'abordent pas le nœud de la crise: la question du troisième mandat de M. Nkurunziza.

Des représentants de la société civile, de partis politiques, d'organisations religieuses et du gouvernement tentent de résoudre la crise politique dans laquelle est plongé le pays depuis l'annonce fin avril de la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat.
Le pouvoir fait face à des manifestations quotidiennes dans les rues de Bujumbura. Les violences ont fait plus d'une trentaine de morts en un mois.

Le bras de fer entre manifestants et forces de sécurité se poursuit Les violences sont montées en
puissance depuis la semaine dernière, la police burundaise a pris le contrôle de plusieurs quartiers de la capitale et a fait un large usage de ses armes à feu.

Malgré l'imposant dispositifpolicier déployé depuis plusieurs jours dans les principales avenues de Bujumbura, les manifestants n'ont pas quitté le terrain.Plus tôt dans la journée, des centaines de personnes ont marché et érigé des barricades dans la ville de Matana, dans la province de Bururi, à 70 km au sud-est de Bujumbura, en signe de contestation populaire contre le président Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005 et candidat à un troisième mandat à la faveur du vote prévu le 26 juin prochain.

A Cibitoke, ils étaient près de 200 à se rassembler dans la matinée avant une intervention de la police, qui a tiré à balle réelle pour tenter de disperser les manifestants dès qu'ils faisaient mine d'approcher des avenues et rues principales. Selon des médias, une personne a été tuée et deux autres ont été blessées lors des incidents.

Coup dur pour le processus électoral
A moins d'une semaine du début des élections générales au Burundi, l'influente Eglise catholique a annoncé jeudi son retrait du processus électoral. Cette importante force morale au Burundi avait pris position en mars contre un troisième mandat du président sortant.

«Après avoir considéré la manière dont ces élections sont organisées et leur évolution actuelle (...), nous, évêques de l'Eglise catholique, avons estimé qu'il convenait que les prêtres démissionnent et cèdent leur place à ceux qui peuvent continuer le travail», a annoncé la conférence des évêques burundais. Cette annonce remet en cause encore une fois la tenue des élections législatives et communales le 5 juin, suivies du scrutin présidentiel le 26 juin, puis des sénatoriales le 17 juillet.

Selon des analystes la décision de l'Eglise est «un coup dur pour le processus électoral», en particulier «après la suspension des financements (des élections) par les partenaires internationaux, le retrait de l'opposition et de la société civile, ainsi que les très fortes réserves émises par la communauté internationale».


Malgré son retrait, l'Eglise catholique burundaise a rappelé que ces élections «constituaient la seule bonne voie pour un renouvellement des institutions».
Vers un nouveau report des électionsReportées précédemment d'une semaine à la demande de la communauté internationale et de l'opposition, les élections législatives et présidentielle censées se tenir en juin risquent de ne pas avoir lieu aux temps voulus.

L'Union européenne (UE) a annoncé jeudi suspendre sa mission d'observation électorale au Burundi,  en raison de la situation actuelle qui «ne permet pas la tenue d'élections crédibles»
L'opposition a également jugé «impossible» la tenue des élections en raison du «désordre» et de l'insécurité dans le pays, appelant la communauté internationale à ne pas «cautionner» un «hold-up électoral» au risque d'«une prévisible guerre civile». Il va de même pour la majorité des quinze pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, qui s'est prononcée pour un report des scrutins.

Les chefs d'Etat des pays d'Afrique de l'Est se réuniront dimanche en Tanzanie, à Dar es Salaam, pour tenter de trouver une position commune sur la crise. Ils devraient sans doute de nouveau demander un report des élections, à défaut de se prononcer publiquement sur la question du troisième mandat, dont le camp présidentiel a d'ores et déjà prévenu qu'elle était une «ligne rouge» non négociable.
 

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